Réouverture de l’hôpital général : des gaz lacrymogènes pour répondre aux revendications des étudiants en médecine
Une marche pacifique organisée ce lundi 22 juin par le Comité du Conseil des étudiants de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) et de l’École de Biologie Médicale (EBMO) de l’Université d’État d’Haïti (UEH) a été dispersée par la police à l’aide de gaz lacrymogènes. Les manifestants réclamaient la relocalisation temporaire de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), communément appelé Hôpital Général.
Vêtus de leurs blouses blanches et des pancartes à la main, ils ont parcouru plusieurs artères de la capitale jusqu’à la résidence du Premier ministre, à Musseau. Ils réclament la réouverture sans délai de l’hôpital, qu’ils considèrent comme un espace central de formation et de service public.
Selon les protestataires, de nombreuses promesses n’auraient pas été tenues par les autorités sanitaires, notamment le titulaire du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), Bertrand Sinal.
« C’est l’hôpital du peuple, c’est là que nous devons effectuer nos services sociaux. Nous sommes prêts à desservir la population, mais l’État ne fournit pas les infrastructures nécessaires », ont dénoncé les étudiants.
Des pancartes et slogans étaient visibles tout au long de la mobilisation, qui s’est déroulée dans plusieurs axes de Port-au-Prince afin d’attirer l’attention des autorités sur la situation de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti.
Les manifestants réclament la reprise immédiate des services médicaux, une clarification sur l’avenir des infrastructures hospitalières, ainsi que des mesures concrètes concernant la gestion des activités universitaires liées à la santé.
Selon eux, la fermeture prolongée de l’hôpital depuis plus de deux ans a des conséquences directes sur leur formation. L’absence de stages cliniques limite, affirment-ils, l’acquisition des compétences nécessaires à l’exercice de la médecine.
« Nous sommes en formation, mais sans hôpital fonctionnel, notre apprentissage est incomplet. C’est toute notre carrière qui est en jeu », a déclaré un étudiant en médecine.
Une autre étudiante a ajouté : « Depuis plus de deux ans, nous attendons une solution. Aucune décision claire n’a été prise, et cela bloque notre progression académique. »
Pour les étudiants, la situation dépasse le seul cadre universitaire. Ils estiment que la fermeture de l’hôpital universitaire affecte également l’accès aux soins pour la population.
« L’hôpital universitaire ne sert pas seulement aux étudiants. Il représente un pilier du système de santé publique. Sa fermeture affecte toute la population », a expliqué un participant à la mobilisation.
Certains manifestants ont également critiqué l’intervention des forces de l’ordre lors de la dispersion du mouvement.
« Nous étions en train de marcher pacifiquement. L’intervention des forces de l’ordre a créé la panique », a affirmé un étudiant.
La situation a dégénéré lorsque les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser la manifestation. Des témoins rapportent l’usage de gaz lacrymogènes alors que les étudiants poursuivaient leur marche dans certaines rues de la capitale..Cette intervention a provoqué un mouvement de panique et la dispersion progressive des manifestants.
Les représentants du mouvement étudiant affirment qu’ils comptent poursuivre leurs démarches jusqu’à l’obtention de mesures concrètes. Ils exigent des engagements clairs sur la reprise des activités hospitalières et la normalisation du fonctionnement académique.
Une déclaration recueillie sur place illustre le climat de tension : « Nap goumen pou n ede yon bann nèg lè yo pran bal, men yo benyen nou ak gaz », a déclaré un étudiant lors de la manifestation.
La fermeture prolongée de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti s’inscrit dans une crise persistante du système hospitalier universitaire. La situation continue de susciter des inquiétudes parmi les étudiants, le personnel médical et les patients dépendant des services publics de santé.
Mederson Alcindor
Image: Passion Info Plus
