Carrefour–Port-au-Prince : un 9e poste de péage des gangs provoque une grève des chauffeurs

Carrefour–Port-au-Prince : un 9e poste de péage des gangs provoque une grève des chauffeurs

La circulation des véhicules de transport en commun entre Carrefour et Port-au-Prince est fortement perturbée ce samedi matin. À l’origine de cette situation : l’installation d’un nouveau poste de péage contrôlé par des groupes armés à Martissant, portant désormais à neuf le nombre total de points de perception imposés aux chauffeurs sur cet axe routier stratégique.

Selon plusieurs conducteurs, tout véhicule quittant Carrefour en direction de la capitale doit désormais s’arrêter à neuf reprises afin de verser des sommes exigées par les gangs. Chaque passage coûterait environ 1 000 gourdes, une charge financière considérable pour les chauffeurs qui tentent de maintenir leurs activités dans un contexte déjà difficile.

Face à cette réalité, les transporteurs ont progressivement augmenté les tarifs. Alors que l’État avait fixé le prix officiel du trajet Carrefour–Port-au-Prince à 75 gourdes après le dernier ajustement des prix du carburant, les chauffeurs avaient déjà porté le tarif à 200 gourdes afin de compenser les dépenses liées aux différents postes de péage illégaux.

Cependant, avec l’ajout de ce neuvième point de perception, les rares véhicules encore en circulation ce matin réclament désormais jusqu’à 250 gourdes par passager. Une hausse qui pèse davantage sur les usagers, déjà confrontés à une dégradation continue de leurs conditions de vie.

Par ailleurs, de nombreux chauffeurs ont choisi de suspendre leurs activités pour dénoncer cette nouvelle mesure. Un mouvement de grève a ainsi été lancé au niveau de Martissant 1, à proximité du sous-commissariat. Les conducteurs mobilisés tentent également d’empêcher les quelques véhicules encore en service de circuler, afin de renforcer l’impact de leur protestation et d’obtenir un soutien plus large de la profession.

Pendant ce temps, les habitants de Carrefour continuent de subir les conséquences de cette crise sécuritaire persistante. Entre la flambée des coûts du transport, les difficultés de déplacement et l’emprise des groupes armés sur les principaux axes routiers, la population se retrouve une fois de plus confrontée à une situation d’asphyxie qui affecte son quotidien et son accès à la capitale.

GPL Media Libre

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