Alix Didier Fils-Aimé rencontre des partenaires internationaux autour de la sécurité et des élections
En marge d’une série de rencontres de haut niveau dans la capitale américaine, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a intensifié les échanges avec plusieurs partenaires internationaux clés, notamment l’Organisation des États américains, la Banque interaméricaine de développement et le Fonds monétaire international, autour des priorités nationales : sécurité, processus électoral et relance économique.
Lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, les discussions ont largement porté sur la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti. Les deux parties ont évoqué les stratégies de lutte contre les groupes armés, notamment à travers le déploiement envisagé de la Force de Répression des Gangs (FRG). Le chef du gouvernement haïtien a réaffirmé sa volonté d’agir avec fermeté pour restaurer l’ordre public, tout en appelant à une coopération renforcée avec les partenaires régionaux. De son côté, l’OEA a salué les efforts engagés et s’est dite prête à soutenir les initiatives visant à rétablir la stabilité et à accompagner le processus démocratique.
Parallèlement, les échanges avec la BID ont permis de faire le point sur les priorités stratégiques du pays. Sécurité, réformes institutionnelles, organisation des élections et développement économique durable ont été au cœur des discussions. Le gouvernement haïtien a notamment mis en avant les progrès réalisés à Port-au-Prince en matière de sécurité, tout en réaffirmant son engagement à restaurer l’autorité de l’État et à faciliter le retour des populations déplacées. Sur le plan économique, les autorités ont plaidé pour une transition vers un modèle axé sur l’investissement, la création d’emplois et le développement des infrastructures, notamment dans les secteurs énergétique et numérique, incluant le déploiement de la fibre optique. La BID a renouvelé son appui aux priorités nationales, promettant d’orienter ses ressources en conséquence.
Enfin, la rencontre avec le FMI a permis d’aborder les enjeux macroéconomiques et les réformes en cours. L’institution financière internationale a salué les avancées dans la gestion des finances publiques, soulignant le maintien de réserves jugées satisfaisantes malgré un contexte global difficile. Les discussions ont également porté sur la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes fiscales, d’améliorer les contrôles aux frontières et de poursuivre les réformes structurelles. Le gouvernement haïtien a insisté sur l’importance de la sécurité comme préalable à toute relance durable, notamment pour créer un climat propice à l’organisation d’élections crédibles d’ici la fin de l’année 2026.
Au-delà des questions économiques et sécuritaires, les autorités haïtiennes et leurs partenaires ont souligné l’importance du renforcement du système judiciaire et de la lutte contre l’impunité, considérés comme des piliers essentiels pour consolider l’État de droit et restaurer la confiance de la population.
Reste à savoir si cette intense activité diplomatique suffira à produire des résultats tangibles sur le terrain. Car pendant que les réunions se multiplient à Washington, la crise continue de s’aggraver en Haïti, où l’insécurité, la précarité et l’effondrement institutionnel affectent quotidiennement la population. Entre promesses d’appui international et urgences nationales, une question persiste : ces engagements se traduiront-ils rapidement en actions concrètes capables de freiner la descente du pays, ou ne risquent-ils pas de rester lettre morte face à l’ampleur de la crise ?
