Venezuela : inquiétudes croissantes d’Amnesty International après l’opération militaire des États-Unis

Venezuela : inquiétudes croissantes d’Amnesty International après l’opération militaire des États-Unis

Au lendemain de l’intervention militaire menée par l’administration Trump au Venezuela, Amnesty International a exprimé de profondes préoccupations concernant le respect des droits humains dans le pays. Cette opération, qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, fait craindre une aggravation de la crise humanitaire et sécuritaire déjà persistante.

Tout d’abord, l’organisation de défense des droits humains estime que cette intervention constitue une violation probable du droit international, notamment de la Charte des Nations unies, qui interdit le recours à la force en dehors des cas strictement encadrés. Par ailleurs, Amnesty International s’inquiète des déclarations américaines évoquant une volonté de diriger le Venezuela et de prendre le contrôle de ses ressources pétrolières, des intentions jugées incompatibles avec les principes fondamentaux de souveraineté des États.

Ensuite, l’ONG redoute une escalade des violations des droits humains sur le terrain. D’une part, de nouvelles opérations militaires américaines pourraient exposer davantage les civils à des risques graves. D’autre part, des représailles des autorités vénézuéliennes contre les populations perçues comme opposées au pouvoir pourraient accentuer la répression politique et les atteintes aux libertés fondamentales.

Face à cette situation, Amnesty International exhorte le gouvernement des États-Unis à respecter scrupuleusement le droit international humanitaire et le droit international des droits humains. En ce sens, l’organisation appelle à faire de la protection des civils une priorité absolue et à garantir les droits de toutes les personnes privées de liberté, notamment le droit à un procès équitable et à un traitement humain, quelles que soient les circonstances.

Dans le même temps, l’ONG interpelle les autorités vénézuéliennes, leur demandant de s’abstenir de toute nouvelle vague de répression. Elle rappelle que, conformément au droit international, l’État vénézuélien demeure tenu de protéger les droits humains de l’ensemble de la population. À cet égard, les défenseurs des droits humains et les militants politiques figurent parmi les groupes les plus exposés, eux qui dénoncent depuis des années les violations et les crimes de droit international attribués au gouvernement Maduro.

En outre, Amnesty International réaffirme sa solidarité avec le peuple vénézuélien, composé de milliers de victimes et de survivants, ainsi que de millions de personnes contraintes à l’exil après des années de violations graves, parfois qualifiées de crimes contre l’humanité.

Par ailleurs, l’organisation renouvelle son appel à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et impartiales afin que les responsables présumés de violations des droits humains soient poursuivis lorsque les preuves le permettent. Selon Amnesty International, seule une justice crédible peut garantir réparation aux victimes et offrir des garanties de non-répétition.

Enfin, l’ONG s’inquiète du fait que l’attaque contre le Venezuela et la capture de Nicolás Maduro et de Cilia Flores par l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies contribuent à une détérioration préoccupante de l’ordre international fondé sur des règles. Ces actions, estime-t-elle, renforcent une logique de rapports de force, fondée sur la puissance militaire, les menaces et l’intimidation, tout en augmentant le risque de précédents similaires à l’échelle mondiale.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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