14 août 1791 : le « 5/10 » du CPT
Politiquement, le Conseil présidentiel de transition (CPT) ne mérite ni or, ni encens, ni myrrhe. Socialement, les membres de cette stupide invention politicienne ne sont dignes ni de gloire, ni de considération, ni de sympathie.
À moins qu’ils n’aient tiré un trait sur leur conscience, ce qui semble être bien le cas, les neuf (9) histrions principaux de la petite comédie haïtienne du XXIème siècle savent pertinemment que leur basse performance est en dessous de la nullité ; donc loin, très loin, de susciter admirations et applaudissements. Toutefois, comme une heureuse réponse à l’injonction messianique, donnons à César ce qui est à César. Même si les Césars nous ont déjà tout volé. Passons.
S’il est un mérite à reconnaitre au Conseil présidentiel de transition (CPT) depuis son installation en mai 2024, c’est bien celui d’avoir fait du 14 août, date rappelant la Cérémonie du Bois Caïman, une fête légale par Décret pris le 11 décembre 2024. En effet, c’est grâce à cette décision, disons improprement présidentielle, que cette journée, par laquelle nous sommes historiquement et culturellement liés, soit fériée, comme celle du 15 août, jour de l’Assomption ; une date dans laquelle certains Haïtiens disent ne pas se reconnaitre.
La Décision de la bande des neuf (9) est, purement et simplement, justice faite à l’histoire de la Première République noire. Pour la simple et bonne raison que 14 août 1791 raconte l’histoire d’un acte tridimensionnel : fédérateur, fécondateur et fondateur. C’est une date légendaire dans l’histoire des va-nu-pieds devenus à la fois Libérateurs et Bâtisseurs d’Empire et de République.
14 août 1791 – 14 août 2025, 234 ans après, Haïti célèbre Bois Caïman, catalyseur et condensation suprême du moment révolutionnaire, dans le contexte hautement symbolique où l’administration publique, les établissements scolaires, les institutions commerciales et industrielles suspendent, ou sont invités à suspendre leurs activités. Le geste est beau et plein de sens.
Qu’il vienne du bon Dieu ou du diable, un beau geste reste ce qu’il est et appelle tout naturellement à la reconnaissance universelle de ce qu’il est. Amnésique ou jouissant d’une bonne mémoire, tout le monde peut se rappeler et se rappellera que le Conseil présidentiel de transition a comme rétabli Bois Caïman dans sa grandeur et sa dimension en en faisant une fête légale.
Toutefois, il s’agit là d’une demi-bonne note. D’un 5/10. « Il ne suffit pas à un évènement d’avoir eu lieu pour s’inscrire dans la mémoire, il faut aussi qu’un pouvoir l’institue et le valorise ». Valoriser Bois Caïman, c’est prendre modèle sur les esclaves, conscients de leur Humanité, luttant ainsi pour acquérir par la sueur, le sang et les larmes leur Liberté.
Valoriser Bois Caïman, c’est aujourd’hui pour les membres du Conseil présidentiel de transition de se défaire de leur ego destructeur, comme les esclaves avaient abandonné leurs plantations, pour fédérer tous les secteurs de la vie nationale afin de défier l’ennemi commun : l’insécurité.
Il y a aussi cet acte humain, et plus encore à poser, Messieurs, afin de respecter Bois Caïman dans sa dimension, son contenu, son sens et son essence.
GeorGes ALLEN
