Budget de guerre” ou guerre du budget ? Le coup d’épée dans l’eau de Fritz Jean
Le spectacle est hideux. Haïti à genoux. Chacun produit son petit lot de mensonges pour cacher leur incapacité à répondre aux exigences de la situation actuelle. Certains, plus cupides que d’autres, préfèrent en profiter pour faire une bonne santé financière dans, bien entendu, la corruption, alors que l’heure est grave.
Très grave ! Face à cette situation, Fritz Alphonse Jean, qui a remis la présidence du CPT ce jeudi, avait adopté un budget dit de guerre pour en finir avec le banditisme. Quid de son bilan après 5 mois ?
Les jours passent et se ressemblent pour les habitants de la région métropolitaine de Port-au-Prince et ceux d’une partie de l’Artibonite. Les massacres se multiplient, les personnes forcées de quitter leurs maisons augmentent et la crise humanitaire s’intensifie. Si Édgard Leblanc et Leslie Voltaire n’ont pas permis la moindre amélioration de la situation, M.Jean ne se démarque non plus, laissant derrière lui une situation chaotique.
Au cours de ces cinq mois, l’économiste n’a réalisé que deux conseils présidentiels, là où lui et ses pairs devaient prendre des décisions pour agir sur la situation. Son attitude, jugée autoritaire, se trouve heurtée à l’esprit collegial du Conseil Présidentiel de Transition. Quelques jours avant la fin de présidence, il avait dénoncé une frange du secteur privé qui aurait participé à créer le chaos institutionnel, alors qu’il devait aider le pays à sortir de ce bourbier.
Sous sa présidence, la commune de Mirebalais est ajoutée à la liste des territoires contrôlés par la coalition criminelle Viv Ansanm. Les grands axes routiers restent boqués. Les armes ne cessent de ponctuer le quotidien des citoyens, ne sachant à quel saint se vouer. Fritz Alphonse Jean telle une tempête dans un verre d’eau, disons-le, a mordu la poussière comme ses prédecesseurs, Edgard Leblanc et Leslie Voltaire.
Ce jeudi 7 août, Laurent Saint-Cyr, représentant du secteur privé, lui succède. Peut-on s’attendre à un miracle quand on sait que le CPT est rongé par des tensions ? En tout cas, les bandits continuent d’étendre leurs tentacules en défiant l’autorité de l’État et en s’offrant d’autres territoires. A quand la fin du banditisme en Haïti ? A quand un retour à l’ordre constitutionnel ?
Wesker Sylvain
