Haïti : le dernier rapport de l’ONU contredit les discours officiels sur la sécurité

Haïti : le dernier rapport de l’ONU contredit les discours officiels sur la sécurité

Alors que certains responsables du pouvoir central affirment que la situation sécuritaire en Haïti tend à s’améliorer, le dernier rapport du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) dresse un constat bien plus sombre. Les données récoltées entre avril et juin révèlent une réalité alarmante marquée par une intensification des violences armées, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, mais aussi dans l’Artibonite et le Centre.

Selon le BINUH, au moins 1520 personnes ont été tuées et 609 blessées durant cette période. À cela s’ajoutent 185 enlèvements et 628 cas de violences sexuelles, des chiffres qui illustrent l’ampleur de la crise sécuritaire qui continue de s’aggraver, malgré les promesses de redressement.

Les groupes criminels, principalement les gangs armés, poursuivent leur expansion en dehors de la capitale. Ils utilisent la terreur pour maintenir leur emprise sur les populations locales : meurtres, viols collectifs, enlèvements, esclavage sexuel, exploitation d’enfants. Le rapport souligne que près d’un quart des victimes recensées sont directement liées aux exactions de ces groupes.

Face à ce tableau, les Nations Unies appellent à une lutte renforcée contre les gangs, tout en insistant sur le respect des normes internationales. Le porte-parole adjoint du Secrétaire général, Farhan Haq, a exhorté la communauté internationale à appuyer le déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité, dirigée par le Kenya, et à lutter activement contre le trafic d’armes.

Au-delà de la violence, la crise a entraîné une explosion des déplacements forcés. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 45.000 personnes ont fui leur domicile depuis juin, portant à près de 240.000 le nombre total de déplacés dans les départements du Centre et de l’Artibonite. Parmi eux, 55 % sont des femmes.

Malgré un financement humanitaire insuffisant, certaines agences comme l’UNFPA poursuivent leur travail. En deux mois, plus de 12600 personnes ont reçu des services de santé sexuelle et reproductive ainsi qu’un appui contre les violences basées sur le genre.

En somme, les faits rapportés par le BINUH contrastent lourdement avec les déclarations officielles. Sur le terrain, la violence perdure, les déplacements s’accentuent, et l’urgence humanitaire devient chaque jour plus pressante.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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