La France reconnaît l’État de Palestine : un pas historique pour un peuple brisé par des décennies de souffrance

La France reconnaît l’État de Palestine : un pas historique pour un peuple brisé par des décennies de souffrance

Alors que Gaza est plongée dans la famine, les bombardements et le chaos, la décision d’Emmanuel Macron de reconnaître l’État de Palestine en septembre prochain suscite une onde d’espoir. Pour les Palestiniens, victimes d’un conflit marqué par les destructions et les morts massives, cette annonce pourrait enfin ouvrir la voie à une paix durable.

Depuis près de deux ans, Gaza est le théâtre d’un des conflits les plus meurtriers de ce siècle. Plus de 59 500 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza, et une population civile plongée dans la détresse absolue. Le territoire est détruit, asphyxié par un blocus, ravagé par des bombardements, privé de nourriture, d’eau, de soins. Un habitant sur trois ne mange plus à sa faim, des enfants meurent de malnutrition, des familles entières sont rayées de la carte.

Le monde regarde, souvent impuissant. Certains condamnent, d’autres se taisent. Mais la souffrance du peuple palestinien, ignorée ou minimisée depuis des décennies, devient aujourd’hui impossible à ignorer. Le 7 octobre 2023, le Hamas a lancé une attaque sanglante contre Israël, tuant 1 200 personnes. Israël a répondu par une campagne militaire massive, accusée de frapper sans distinction civils et combattants.

C’est dans ce contexte dramatique que le président Emmanuel Macron a annoncé que la France reconnaîtra l’État palestinien en septembre 2025, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il s’agira du premier pays du G7 à franchir ce pas historique, alors que plus de 140 pays, dont la Russie, la Chine, le Brésil ou l’Afrique du Sud, ont déjà reconnu la Palestine.

Dans une lettre adressée au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Emmanuel Macron justifie cette décision par les engagements pris par la direction palestinienne : condamnation des attaques du Hamas, soutien au désarmement du mouvement islamiste et volonté de réformer l’Autorité palestinienne et d’organiser des élections libres.

Macron insiste aussi sur l’absence d’alternative : « Il n’y a pas d’autre chemin que la création d’un État palestinien, viable, pacifié et reconnu, vivant en paix aux côtés d’Israël. »

La réaction israélienne ne s’est pas fait attendre. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a dénoncé une décision « qui encourage le terrorisme » et qualifié la reconnaissance de la Palestine comme « un danger pour Israël ». Pour Israël Katz, ministre israélien de la Défense, il s’agit d’une « capitulation face au terrorisme ».

Mais dans le camp palestinien, les réactions sont à l’opposé : le Hamas a salué une « étape positive vers la justice », tandis que de nombreux civils et militants y voient un tournant historique, après tant d’années de déni et d’abandon. Pour beaucoup, cette reconnaissance pourrait enfin briser le statu quo diplomatique et forcer la communauté internationale à agir.

En reconnaissant l’État de Palestine, la France envoie un signal clair au monde : la paix ne se construira pas sur l’oubli des droits d’un peuple occupé. Il ne peut y avoir de sécurité pour Israël sans justice pour les Palestiniens. La paix ne peut naître que d’un équilibre, d’un respect mutuel, d’une volonté commune de sortir de la spirale de la violence.

Le geste de Macron, aussi critiqué soit-il par certains alliés d’Israël, relance la perspective d’une solution à deux États, longtemps enterrée. Il oblige les puissances occidentales à revoir leurs positions et pourrait inciter d’autres pays du G7 à emboîter le pas.

Après tant de destructions, de larmes et de sang, le peuple palestinien a besoin plus que jamais d’un signal fort. La reconnaissance de son existence. Le droit de vivre, de respirer, de se reconstruire. Si la France tient parole, l’Histoire retiendra peut-être que c’est en 2025, au milieu des ruines de Gaza, qu’a commencé la paix.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *