Décret migratoire de Trump : le Tchad réplique, le gouvernement haïtien garde le silence

Décret migratoire de Trump : le Tchad réplique, le gouvernement haïtien garde le silence

Alors que le président américain Donald Trump a décidé de bannir les ressortissants de douze pays, dont Haïti et le Tchad, les autorités tchadiennes ont immédiatement réagi en suspendant l’octroi des visas aux citoyens américains. Du côté d’Haïti, les autorités restent silencieuses. Mais la société civile, elle, réagit avec véhémence.

Dans un message publié ce jeudi, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a clairement exprimé son rejet de cette décision américaine qu’il juge unilatérale et injuste : « J’ai instruit le gouvernement à agir conformément aux principes de réciprocité et suspendre l’octroi des visas aux citoyens des États-Unis d’Amérique. »

Il a ajouté avec fermeté : « Le Tchad n’a ni des avions à offrir, ni des milliards de dollars à donner, mais le Tchad a sa dignité et sa fierté. »

Une déclaration largement saluée à travers le continent comme un geste d’affirmation souveraine.

Entré en fonction depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a repris sa politique migratoire musclée. Dans un tweet publié le 4 juin, la journaliste américaine Kaitlan Collins, correspondante principale de CNN à la Maison-Blanche, a confirmé : « Le président Trump interdit désormais totalement l’entrée de ressortissants de 12 pays, dont Haïti, l’Iran, le Tchad, la Libye ou encore la Somalie. »

Des restrictions partielles concernent également 7 autres pays. Des exceptions seront cependant faites pour les résidents permanents, les détenteurs de certains types de visas, et les personnes dont la venue sert les intérêts nationaux des États-Unis.

Malgré cette décision sévère, aucun haut responsable haïtien ne s’est exprimé publiquement. Ce silence officiel n’est pas nouveau, mais il choque, une fois encore, face à ce que certains considèrent comme une « humiliation diplomatique ».

Des personnalités publiques haïtiennes n’ont, en revanche, pas gardé le silence. Leur ton est sans appel.

Me Alain Fleurimond, juriste bien connu, a publié sur Facebook : « Le président Trump vient d’offrir à Haïti la chance de se libérer avec ce nouveau décret. On a vu combien de luttes ont été menées pour sortir Haïti de la domination des États-Unis. Aujourd’hui, Trump nous donne cette opportunité. De 1915 à aujourd’hui, ce sont les États-Unis qui dirigent et orientent la diplomatie haïtienne. Eh bien, Trump libère Haïti pour qu’elle cherche son développement là où cela lui conviendra. »

Roudy Thomas Sanon, journaliste vedette de l’émission « Se sa nou vle », a lui aussi exprimé sa colère dans une déclaration incendiaire : « Donald Trump n’a qu’à retirer carrément sa foutue ambassade d’Haïti. Qu’il coupe toute relation avec nous une bonne fois pour toutes, pas à moitié. Ce n’est pas juste les visas qu’il doit supprimer, il doit retirer l’ambassade, le chargé d’affaires, et tout son personnel. »

Ces réactions traduisent une frustration croissante envers l’influence américaine dans les affaires haïtiennes, mais aussi un désir d’indépendance renouvelé. Pour plusieurs citoyens, ce décret présidentiel pourrait bien être une chance déguisée.

Pendant ce temps, le gouvernement haïtien reste muet, et une grande partie de la population estime qu’il est temps pour Haïti d’affirmer sa souveraineté. Bon nombre de personnes se demandent : « Si le Tchad peut, pourquoi pas Haïti ? »

GPL Media Libre

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