Quand les autorités se disent consternées… mais restent immobiles

Quand les autorités se disent consternées… mais restent immobiles

Alors que les balles crépitent et que des familles entières fuient leurs maisons en ruines, les autorités haïtiennes continuent de se dire « consternées » face aux drames humains qui secouent le pays. Un mot qui revient comme un refrain creux, vidé de tout engagement, face à des tragédies qui se multiplient dans une indifférence presque institutionnalisée.

Le dernier exemple en date remonte au 23 avril, lorsqu’après un massacre sanglant perpétré par la coalition criminelle Viv Ansanm contre plusieurs membres de la Brigade Citoyenne de Canapé Vert, les autorités ont, une fois de plus, exprimé leur « consternation ».

Lors de ces affrontements armés, des civils engagés dans la protection de leur quartier ont été exécutés, laissant derrière eux des familles endeuillées, un quartier traumatisé et une population encore plus vulnérable.

Chaque massacre, chaque déplacement massif donne lieu à des déclarations officielles empreintes de tristesse. Mais sur le terrain, rien ne change. Les personnes déplacées vivent dans des conditions inhumaines : sans abris, sans nourriture, sans accès à l’eau potable, sans soins de santé. Les camps de fortune se multiplient, sans encadrement, sans protection. Les enfants y grandissent sous la peur, la faim et l’insécurité.

Le paradoxe est criant : l’État dit « compatir », mais n’agit pas. Pire encore, il semble s’habituer à l’horreur. On annonce des plans d’urgence qui ne voient jamais le jour. On nomme des comités, on convoque des réunions, mais les gens continuent de mourir, de fuir, de survivre sans espoir.

Pendant ce temps, les groupes armés gagnent du terrain. Ils dictent leur loi, contrôlent des quartiers entiers, rançonnent, tuent, brûlent. Le peuple est pris en étau, entre la violence des gangs et l’inaction de ceux qui devraient le protéger.

L’histoire jugera sévèrement cette période de notre vie nationale. L’inaction, la passivité, le manque de courage politique deviennent complices du chaos. Il ne suffit plus de dire qu’on est choqué. Il faut agir. Protéger. Reconstruire. Soulager. Et surtout, rendre justice.

Mais pour l’instant, les mots dominent les actes. Et Haïti continue de pleurer ses morts… seule.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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