L’ULCC annonce la 4e Journée de déclaration de patrimoine sur fond de hausse record de 535 %
À l’approche de la quatrième édition de la Journée de déclaration de patrimoine, prévue ce vendredi 10 avril 2026, L’Unité de Lutte Contre la Corruption insiste sur l’importance de cette démarche pour la transparence publique. Son directeur, Hans Jacques Ludwig Joseph, salue des avancées « significatives » et invite les assujettis à se conformer à la loi. Selon lui, plus de 120 requêtes ont été transmises aux différents parquets du pays à l’encontre de hautes personnalités politiques pour défaut de déclaration de patrimoine.
De l’avis du directeur, cette démarche traduit une volonté affirmée de renforcer l’application de la loi et de lutter efficacement contre l’enrichissement illicite. Parallèlement, l’ULCC fait état d’une progression notable du nombre de déclarations enregistrées, avec une hausse sans précédent de 535 %. Une évolution qui témoigne d’un changement de dynamique et d’une prise de conscience accrue des acteurs concernés.
Dans cette optique, l’institution annonce l’organisation, le 10 avril prochain, de la quatrième édition de la Journée de déclaration de patrimoine sur l’ensemble du territoire national. L’activité se déroulera notamment au bureau central à Delmas 83 ainsi que dans les différentes antennes départementales.
Pour garantir le bon déroulement de cette opération, notaires, greffiers, parquetiers et agents de l’ULCC seront mobilisés afin d’accompagner les déclarants et de faciliter les procédures administratives. « Les concernés sont attendus dans les locaux de l’ULCC », a rappelé le directeur général, insistant sur l’importance de cette démarche citoyenne.
Consacrée par la loi du 12 février 2008, la déclaration de patrimoine constitue une pierre angulaire dans la lutte contre la corruption en Haïti. Elle vise principalement à prévenir et à détecter les cas d’enrichissement illicite au sein de l’administration publique.
Les personnes assujetties sont tenues de déclarer l’ensemble de leurs biens, notamment les maisons, terrains, véhicules, comptes bancaires, investissements, bijoux de valeur, ainsi que leurs dettes. Cette obligation s’applique tant à l’entrée qu’à la sortie de fonction. Le non-respect de cette formalité expose les contrevenants à des sanctions prévues par la loi.
L’ULCC peut notamment ordonner une retenue d’un quart du salaire jusqu’à régularisation de la situation. En cas de départ sans déclaration, des sanctions civiles et politiques peuvent être prononcées, incluant l’interdiction de voter, de se porter candidat, d’occuper certaines fonctions publiques ou encore de participer à des procédures judiciaires en tant que juré ou témoin. Par ailleurs, toute fausse déclaration peut entraîner des poursuites judiciaires pour faux et usage de faux, passibles de peines d’emprisonnement.
Pour Hans Jacques Ludwig Joseph, ces avancées traduisent une dynamique positive que son administration entend maintenir à travers des actions de sensibilisation et des mécanismes d’accompagnement renforcés. L’objectif reste clair : faire de la déclaration de patrimoine un réflexe institutionnel et un outil central dans la construction d’un État de droit en Haïti.
