Le gouvernement présente une stratégie de sécurité et de réinsertion

Le gouvernement présente une stratégie de sécurité et de réinsertion

Le gouvernement haïtien, dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, a une nouvelle fois affiché sa volonté de restaurer l’autorité de l’État et de reprendre le contrôle des zones dominées par des groupes armés. Réuni ce mercredi à la Primature avec la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) et plusieurs partenaires internationaux, l’exécutif a présenté une stratégie articulée entre répression et réinsertion.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de lutter contre l’enrôlement massif de jeunes dans les gangs, tout en proposant des alternatives à travers des programmes de réintégration sociale. Une approche que les autorités présentent comme rigoureuse, encadrée et complémentaire aux opérations policières en cours.

Cependant, sur le terrain, la situation reste largement préoccupante. Dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince, les groupes armés continuent d’exercer leur emprise, imposant leur loi aux populations et défiant ouvertement les forces de l’ordre. Les opérations annoncées comme décisives peinent, dans bien des cas, à produire des effets durables.

Si le gouvernement affirme vouloir protéger les jeunes et offrir des perspectives de réinsertion, de nombreux observateurs s’interrogent sur la capacité réelle de l’État à déployer ces programmes dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, les déplacements forcés et l’effondrement des services publics.

Le ministre de la Justice, Patrick Pélissier, a reçu pour instruction de renforcer la réponse pénale face à la criminalité, notamment à travers le déploiement de pôles judiciaires. Là encore, des défis structurels persistent, entre manque de moyens, faiblesse institutionnelle et difficultés d’accès à certaines zones contrôlées par des groupes armés.

La coordination avec les partenaires internationaux, évoquée lors de cette réunion, pourrait constituer un levier important. La présidente de la CNDDR, Guerda Prévilon, est chargée de piloter un dispositif visant à encadrer les initiatives de désarmement et de réinsertion. Mais l’efficacité de ce mécanisme dépendra largement des conditions sécuritaires et de la capacité de l’État à s’imposer sur le terrain.

Malgré le soutien réitéré d’acteurs internationaux, dont le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) dirigé par Carlos R. Massieu, l’écart entre les annonces officielles et la réalité quotidienne des citoyens reste frappant.

Entre volonté affichée de fermeté et contraintes opérationnelles, le gouvernement fait face à un défi majeur : transformer ses engagements en résultats concrets. Car pour une large partie de la population, confrontée à la violence et à l’insécurité, les déclarations ne suffisent plus, seules des actions visibles et durables pourront restaurer la confiance.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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