Viol à Chambellan : le RNDDH exige la poursuite des auteurs et la protection de la mineure
Une vidéo choquante circulant sur les réseaux sociaux révèle le viol d’une mineure à Chambellan, dans le département de la Grand’Anse. Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) et sa branche régionale, le REGADH, demandent l’arrestation des agresseurs et la protection immédiate de la jeune victime, A.R.N., dont l’identité est protégée par des initiales.
Depuis plusieurs jours, la diffusion de cette vidéo provoque une vive indignation au sein de la population et des organisations de défense des droits humains. Pour comprendre les circonstances et les manquements institutionnels, le RNDDH et le REGADH ont mené une enquête sur le terrain, interrogeant les autorités locales, le personnel scolaire, la survivante et son père, ainsi que des institutions telles que la Brigade de Protection des Mineurs (BPM), le Parquet, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) et l’Institut du Bien-être Social et de Recherches (IBESR).
La victime, A.R.N., née le 14 juin 2009, vivait avec son père à Port-au-Prince avant de déménager à July, localité entre Chambellan et Dame-Marie, en raison de l’insécurité. Elle était scolarisée à l’Institution Mixte Joseph Claude Bernard.
Au début de décembre 2025, A.R.N. a rencontré l’agresseur principal, Clivens LOGISTE, 21 ans, avec qui elle entretenait une relation. Sur le chemin d’une maison en construction, il a violé la mineure et demandé à ses cousins, les complices, d’enregistrer l’agression. A.R.N. n’a pas dénoncé immédiatement l’acte ni la vidéo.
Pendant les vacances de Noël, les complices ont commencé à la harceler, exigeant des relations sexuelles et menaçant de diffuser la vidéo. Lorsqu’ils ont publié l’enregistrement, la victime a été humiliée et stigmatisée par la communauté, la contraignant à rester recluse.
L’école n’a pas réagi de manière appropriée : le 25 février 2026, A.R.N. a été expulsée alors que l’un des complices poursuivait ses cours normalement. Quelques jours plus tard, le directeur a proposé qu’elle reste à la maison pour des raisons psychologiques, sans accompagnement scolaire ni suivi psychologique. Le RNDDH et le REGADH dénoncent cette discrimination flagrante.
La BPM de Jérémie a rencontré des obstacles dans son enquête, recevant des informations partielles ou erronées de l’école, ce qui a permis à Clivens LOGISTE de prendre la fuite. Depuis, la victime continue de recevoir des menaces de la part de la famille des agresseurs.
Les 12 et 13 mars 2026, le RNDDH et le REGADH ont accompagné A.R.N. et son père pour déposer une plainte officielle auprès de la BPM et du Parquet, ainsi que pour un examen médical. Un nouveau mandat a été émis avec les véritables noms des agresseurs.
Demandes du RNDDH et du REGADH : L’arrestation et la poursuite de Clivens LOGISTE et de ses complices. La protection immédiate et l’accompagnement psychologique de la victime par l’IBESR et l’application stricte des lois contre les violences sexuelles et la diffusion d’images sexuelles impliquant des mineurs.
Le RNDDH et le REGADH rappellent que ce dossier illustre la banalisation des violences sexuelles en Haïti et souligne l’urgence de mesures rigoureuses pour protéger les mineures et mettre fin à l’impunité des agresseurs.
Steeve Luc Pierre
