8 mars : les inégalités économiques persistent pour les femmes en Haïti, selon Enomy Germain

8 mars : les inégalités économiques persistent pour les femmes en Haïti, selon Enomy Germain

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, l’économiste Enomy Germain a publié une vidéo dans laquelle il met en lumière, à partir de plusieurs données statistiques, les profondes inégalités économiques auxquelles les femmes haïtiennes continuent de faire face. À travers ces chiffres, l’analyste démontre que, malgré les avancées souvent évoquées dans les discours publics, les droits économiques des femmes demeurent largement fragilisés en Haïti.

Tout d’abord, l’accès au marché du travail reste plus difficile pour les femmes que pour les hommes. En effet, selon un rapport publié en 2021 par la Banque Interaméricaine de Développement (BID), les femmes haïtiennes présentent un taux de chômage plus élevé. Les données indiquent qu’une femme en Haïti a environ 16 % de chances de se retrouver sans emploi, contre 11 % pour les hommes.

Cette différence traduit une inégalité persistante dans les opportunités d’intégration professionnelle, un phénomène qui limite l’autonomie économique de nombreuses femmes, soutient le professeur.

Par ailleurs, même lorsque les femmes parviennent à intégrer le marché du travail, elles se retrouvent majoritairement dans des activités peu rémunératrices. Toujours selon les données présentées dans la vidéo, 53 % des femmes actives en Haïti exercent des travaux domestiques.

Ces activités exigent souvent un investissement physique important tout en offrant des revenus modestes, ce qui contribue à maintenir une grande partie de la population féminine dans une situation de précarité économique.

Les disparités se manifestent également au niveau des revenus, poursuit Enomy Germain. D’après un rapport publié en 2012 par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), les femmes gagnent en moyenne 32 % de moins que les hommes pour leur travail. Cet écart salarial illustre les déséquilibres structurels qui caractérisent le marché du travail haïtien et qui continuent de pénaliser les femmes.

De plus, les femmes restent largement concentrées dans le secteur informel de l’économie. Selon un rapport publié en 2022 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la majorité des femmes haïtiennes travaillent dans ce secteur, généralement caractérisé par l’absence de protection sociale et de stabilité professionnelle.

Dans le secteur formel, notamment au sein de la fonction publique, la présence féminine demeure limitée : les femmes ne représentent que 29 % des effectifs.

Enfin, l’auteur de l’ouvrage Haïti peut réussir affirme que les inégalités se reflètent également dans l’accès au financement. Les données de la Banque de la République d’Haïti (BRH), publiées en 2021, montrent que 65 % des bénéficiaires de crédits bancaires sont des hommes, ce qui confirme que les femmes rencontrent davantage d’obstacles pour accéder aux ressources financières nécessaires au développement d’activités économiques.

Ainsi, les chiffres mis en avant par l’économiste Enomy Germain rappellent que, malgré leur rôle central dans l’économie haïtienne, les femmes continuent d’évoluer dans un environnement marqué par de fortes disparités. En cette Journée internationale des droits des femmes, ces données relancent le débat sur la nécessité de politiques publiques capables de réduire les inégalités de genre et de favoriser une participation économique plus équitable.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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