Thomas Lalime, l’économiste qui éclaire la nation

Thomas Lalime, l’économiste qui éclaire la nation

Il y a des hommes qui naissent pour éclairer les autres. Paspour briller seuls, mais pour allumer des lumières partout où ils passent. Thomas Lalime est de ceux-là. Économiste de formation, chroniqueur de vocation, patriote de cœur, il a consacré sa vie entière à une seule mission : rendre Haïti meilleure par la force des idées et la beauté des mots. Ce 25 février 2025, il célèbre ses 50 ans. Et en ce jour béni, je veux lui rendre hommage. Pas par obligation. Par amour sincère, gratitude profonde et admiration sans limite.

Je l’ai découvert un matin de mars 2020, à la radio, sur l’émission Panel Magik. Sa voix était calme, ses mots précis, ses idées lumineuses comme un soleil qui se lève. J’étais scotché. Ce jour-là, j’ai cherché ses articles sur Facebook et j’en ai lu six d’affilée, sans pouvoir m’arrêter. Chaque texte ouvrait une fenêtre sur le monde. Chaque paragraphe allumait une lumière dans mon esprit. Ce matin de confinement, un homme est entré dans ma vie pour toujours.

Thomas Lalime publie depuis 2004. D’abord dans Le National, puis depuis mars 2012 dans Le Nouvelliste, où sa chronique hebdomadaire « Des idées pour le développement » paraît chaque mardi sans exception. Plus de vingt ans d’articles. Des centaines de textes rigoureux, accessibles, brillants. Une constance qui force le respect. Une régularité qui impressionne profondément. Chaque semaine, il revient. Il réfléchit. Il partage sans retenue. Il ne s’arrête jamais, parce qu’Haïti, elle, n’attend pas. Et ses lecteurs non plus. Ils guettent chaque mardi comme on guette une bonne nouvelle.

Son génie, c’est de rendre l’économie humaine et accessible à tous. L’inflation, le chômage, le produit intérieur brut : sous sa plume experte, ces mots abstraits deviennent des réalités concrètes que tout le monde comprend et ressent. Madame Josette qui vend au marché. Monsieur Jean-Pierre qui conduit son taxi. L’étudiant qui ouvre timidement son premier manuel d’économie. Thomas Lalime écrit pour eux tous. Il leur parle avec respect, clarté et tendresse. Il croit sincèrement en leur intelligence. Et ils le lui rendent bien.

Ses écrits m’ont transformé de l’intérieur. Depuis que je le lis avec assiduité, j’écris mieux. Avec plus de rigueur, plus de clarté, plus d’élégance naturelle. Son style s’est infiltré dans ma plume comme une encre précieuse dans un tissu blanc. Grâce à lui, j’ai remporté plusieurs concours de dissertation. J’ai publié des centaines d’articles journalistiques. Des lecteurs ont confondu mes textes avec les siens. D’autres ont confondu ma voix avec la sienne à la radio. Ces confusions sont les plus beaux diplômes que je n’aie jamais reçus dans ma vie.

Mais Thomas Lalime n’est pas seulement un intellectuel brillant. C’est aussi un homme d’une sagesse rare et précieuse. Quand il critique, il le fait avec une élégance désarmante. Jamais un mot blessant. Jamais une attaque personnelle. Même face à des décisions politiques discutables, même face à des autorités qui méritent d’être interpellées, il garde sa dignité intacte et son respect intact. Il pointe les faits avec précision, analyse les erreurs avec honnêteté, propose des solutions avec humilité. Cette façon de critiquer sans écraser, de corriger sans humilier, est une leçon de vie magnifique que trop peu d’intellectuels haïtiens sont capables de donner.

Il vit au Canada depuis 2008, où il a décroché sa maîtrise en 2010, puis son doctorat en économie en 2017. Mais Haïti ne l’a jamais quitté. Il écoute les émissions du pays, lit ses journaux, intervient régulièrement dans ses médias. Certains croient encore qu’il habite dans le pays, tant sa présence est constante et vivante. Il prouve chaque jour que l’exil n’est pas une trahison. On peut vivre loin et servir près. On peut habiter au Canada et battre pour Haïti de tout son cœur. Thomas Lalime incarne ce patriotisme profond, discret et constant que beaucoup admirent sans toujours savoir le nommer.

En septembre 2024, l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) lui a remis une plaque d’honneur. Une reconnaissance méritée pour un homme qui, depuis plus d’une décennie, traduit les chiffres froids de l’IHSI en langage vivant et accessible au grand public. Grâce à lui, la statistique n’appartient plus seulement aux techniciens. Elle appartient à tout le peuple haïtien. Cette plaque, c’est Haïti entière qui dit merci à l’un de ses fils les plus fidèles, les plus constants et les plus utiles.

Ce qui me touche encore davantage, c’est son humilité désarmante. Cet homme de grande valeur échange avec moi comme si nous étions de vieux camarades de classe. Nous ne nous sommes jamais rencontrés en personne. Tout se passe par téléphone. Pourtant, il répond toujours. Vite. Il encourage, il oriente, il ouvre des portes avec générosité. Un jour, une jeune femme voulait intégrer l’Institut National d’Administration, de Gestion et des Hautes Études Internationales (INAGHEI) et l’avait contacté par email. Depuis le Canada, il lui a donné mon numéro pour que je puisse l’accompagner. Ce geste simple dit tout sur l’homme : les vrais grands n’ouvrent pas la porte pour eux seuls.

Thomas Lalime mérite une plume d’or. Comme le ballon d’or couronne chaque année les meilleurs footballeurs de la planète, une plume d’or devrait couronner les meilleurs écrivains de notre époque. Et lui, il la mériterait à l’unanimité, sans la moindre hésitation. Parce que depuis vingt-deux ans, patiemment, courageusement, il éclaire un peuple qui a soif de comprendre son propre pays. Parce qu’il a rendu l’économie aimable, la statistique humaine, et la complexité accessible à tous sans exception.

En ce 25 février 2025, jour de vos 50 ans, je veux vous dire, Thomas, simplement, du fond du cœur : joyeux anniversaire. Que cette belle décennie t’apporte la santé solide, la joie durable et la sérénité profonde que tu mérites amplement. Que ta plume reste longtemps aussi vive, aussi juste et aussi généreuse.

Que tes analyses continuent d’éclairer Haïti comme elles l’ont fait pendant vingt-deux ans. Vous êtes mon modèle, mon inspiration, mon père intellectuel. Merci pour chaque mot écrit avec amour. Merci pour chaque idée généreusement partagée. Merci d’avoir fait de moi un homme meilleur et plus utile. Thomas Lalime, vous êtes le flambeau que cette nation mérite.

Jonathan Gédéon

GPL Media Libre

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