À l’approche du 7 février, des organisations de jeunesse exigent leur place dans le débat national

À l’approche du 7 février, des organisations de jeunesse exigent leur place dans le débat national

À l’initiative de la Conférence nationale des associations et organisations de jeunesse d’Haïti, une large concertation s’est tenue cette semaine autour de la place des jeunes dans les choix politiques déterminants liés à la transition en cours. Cette démarche intervient dans un climat de forte instabilité, alors que se rapproche l’échéance du 7 février 2026, date annoncée pour la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).

Réunissant des organisations de jeunesse issues de plusieurs départements du pays, la rencontre visait à rompre avec l’exclusion persistante des jeunes des espaces de décision nationale. Pour les initiateurs, il n’est plus acceptable que la majorité démographique du pays continue d’être tenue à l’écart des discussions portant sur l’avenir institutionnel d’Haïti.

« La crise actuelle touche de plein fouet la jeunesse, mais ce sont d’autres qui décident », a résumé l’un des participants, rappelant que plus de 60 % de la population haïtienne est composée de jeunes. Une réalité qui, selon les organisations présentes, confère à la jeunesse une légitimité pleine et entière dans le débat national.

À l’issue des échanges, les participants ont acté la rédaction d’un document de position commune. Cette note de plaidoyer, qui synthétise les analyses, propositions et revendications formulées au cours de la concertation, sera transmise aux autorités nationales ainsi qu’aux acteurs clés du processus politique. L’objectif affiché est clair : faire reconnaître la jeunesse organisée comme un acteur incontournable de la transition.

Dans le même temps, la Conférence nationale des associations et organisations de jeunesse d’Haïti a procédé à la désignation, par consensus, de Madame Wendie Tracy Edmond comme représentante officielle de cette plateforme. Elle aura pour mission de porter la voix collective de la jeunesse dans les espaces de dialogue et auprès des instances concernées.

Dans leur déclaration finale, les organisations de jeunesse dressent un constat sévère de la situation nationale : insécurité généralisée, crise humanitaire aiguë, affaiblissement des institutions publiques, dégradation de la gouvernance et climat de méfiance entre les acteurs politiques et sociaux. Autant de facteurs qui, combinés à l’absence d’un accord politique clair à l’approche du 7 février, exposent le pays à un risque majeur de rupture institutionnelle.

Face à ce scénario, la Conférence appelle à l’ouverture urgente d’un dialogue national inclusif avant l’échéance du 7 février 2026. Elle plaide également pour la mise en place d’une médiation nationale crédible, impartiale et structurée, capable de rassembler l’ensemble des forces politiques, sociales et citoyennes autour d’un accord consensuel.

La jeunesse propose que ce dialogue examine, sans tabou ni exclusivité, différentes options de gouvernance transitoire, allant de la désignation d’un président de transition au mandat strictement limité, à la mise en place d’un exécutif collégial, ou à toute autre formule issue du consensus national. Ces discussions devraient, selon elle, être encadrées par des principes non négociables : durée limitée de la transition, feuille de route claire, priorité à la sécurité, réformes institutionnelles minimales et organisation d’élections crédibles.

Concernant la composition du prochain gouvernement de transition, les organisations de jeunesse recommandent des critères rigoureux, incluant l’intégrité morale, la compétence technique, l’absence d’implication dans des faits de corruption, de violations graves des droits humains ou de liens avec des groupes armés. Elles insistent également sur la neutralité politique des futurs dirigeants et leur renoncement à toute ambition électorale immédiate.

Soutenue par plus d’une centaine d’organisations et associations de jeunesse à travers le pays, cette prise de position s’inscrit dans la volonté de promouvoir une transition inclusive, responsable et respectueuse de la souveraineté nationale. Pour la Conférence, toute solution durable à la crise actuelle passe nécessairement par l’implication active de la jeunesse.

« Une transition sans la jeunesse est une transition sans avenir », conclut le document de plaidoyer, résumant l’état d’esprit d’une génération qui refuse le chaos, l’improvisation et l’exclusion, et choisit le dialogue, la responsabilité et l’engagement citoyen.

Image d’illustration : Juno 7

GPL Media Libre

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