Congrès patriotique : la jeunesse veut rebattre les cartes pour l’avenir d’Haïti

Congrès patriotique : la jeunesse veut rebattre les cartes pour l’avenir d’Haïti

Pendant deux jours, les 17 et 18 novembre, la ville du Cap-Haïtien a accueilli un congrès patriotique réunissant la jeunesse christophienne autour d’une réflexion nationale d’envergure. Des jeunes venus de tous les départements du pays, accompagnés de délégués départementaux, d’universitaires et de représentants de divers secteurs, ont répondu présents à cette initiative visant à proposer une nouvelle alternative pour Haïti.

L’objectif principal de ce congrès était de démontrer que les jeunes peuvent incarner une autre manière de concevoir l’État, la démocratie et l’avenir du pays. Ainsi, la thématique choisie « Lajenès nou pral pale » symbolisait la volonté collective de replacer les jeunes au cœur du débat public.

Selon les organisateurs, la jeunesse haïtienne est aujourd’hui « parmi les défenseurs les plus actifs et les bâtisseurs les plus imaginatifs » de la démocratie, des droits humains et de l’État de droit. À ce titre, elle mérite non seulement reconnaissance, mais aussi protection et soutien.

Dans leurs interventions, plusieurs responsables ont insisté sur l’importance de faire confiance aux jeunes générations. « Lorsque l’on fait confiance aux jeunes, la démocratie se renforce », ont-ils affirmé, appelant à investir davantage dans leur leadership.

Pour eux, les jeunes ne doivent pas être perçus comme une menace pour l’ordre établi, mais comme des partenaires indispensables à la résilience démocratique de l’État haïtien. L’organisation a d’ailleurs réaffirmé son engagement afin que la voix de la jeunesse soit non seulement entendue, mais surtout déterminante dans la construction d’une nouvelle Haïti. Car, ont-ils rappelé, « ce n’est rien de moins que la démocratie elle-même qui est en jeu ».

La tenue du congrès coïncidait avec la commémoration du 18 novembre, date marquant les 222 ans de la bataille de Vertières. Un symbole fort, qui a renforcé la portée de l’événement.

Selon les participants, cet anniversaire doit servir de prétexte pour renouer avec la dignité héritée des ancêtres et appeler à un véritable consensus politique pour le redressement national et la refonte de l’État haïtien.

Ils rappellent que l’Haïti d’aujourd’hui est bien éloignée des idéaux de liberté, de justice et de dignité portés par les héros de l’indépendance. Les dirigeants actuels, ont-ils dénoncé, ont failli à garantir des conditions de vie respectables à la population.

Les jeunes ont également appelé à reconnaître l’urgence du relèvement national. Selon eux, il est impératif de repenser l’État, les institutions et la société pour sortir le pays de son état actuel de désolation. Plusieurs intervenants ont souligné qu’Haïti ressemble aujourd’hui à un pays ravagé par la guerre, alors même que, ont-ils insisté, « peyi nou an Ayiti pa nan lagè, twòp san koule ».

Deux ans après le début du processus de transition, le constat dressé lors du congrès est sévère. La montée spectaculaire de l’insécurité, l’absence de progrès électoraux, la paralysie institutionnelle, les promesses non tenues et les divisions internes au CPT témoignent, selon les jeunes, d’un échec total.

Plus grave encore, affirment-ils : « Pa gen yon sèl grenn Ayisyen ki fè dirijan nou yo konfyans. » Ils dénoncent une classe politique sans vision, sans projet, marquée par l’improvisation et l’indifférence face aux souffrances du peuple.

En conclusion, les jeunes participants ont appelé à « rebattre les cartes » et à ouvrir une nouvelle voie pour le pays. Ils réclament un cadre où chaque enfant d’Haïti, jeunes femmes comme jeunes hommes trouvera enfin sa place.

Ce congrès patriotique de la jeunesse christophienne aura donc été, au-delà d’un simple espace de débat, un véritable cri du cœur : celui d’une génération déterminée à prendre part à la refondation d’une Haïti plus juste, plus démocratique et profondément fidèle aux rêves des ancêtres.

GPL Media Libre

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