Fermeture de Haïti Métal S.A. : Quand les gangs font tomber un pilier de l’industrie nationale

Fermeture de Haïti Métal S.A. : Quand les gangs font tomber un pilier de l’industrie nationale

C’est un nouveau coup dur porté à la production nationale en Haïti. Haïti Métal S.A., entreprise emblématique opérant depuis 75 ans dans la fabrication locale de biens de consommation, a annoncé l’arrêt de toutes ses opérations, contrainte par une violence croissante attribuée aux gangs armés qui contrôlent une large partie de la commune de Carrefour, notamment la zone de Thor 65, où se trouvent ses installations.

Dans un communiqué publié ce mardi, la direction de l’entreprise exprime sa profonde gratitude envers le peuple haïtien pour son soutien à travers les décennies, tout en dénonçant une réalité implacable : celle d’un pays où l’économie réelle, productive, s’effondre face à l’emprise des groupes armés.

Haïti Métal a vu plusieurs de ses employés kidnappés, et a perdu sa Directrice des Opérations, assassinée de sang-froid devant sa fille de quatre ans. Ces crimes, selon le communiqué, ont été commis dans un climat d’impunité totale, où l’État semble absent et où les gangs imposent leur loi sur la population et les entreprises.

« Aujourd’hui, une fois de plus, l’entreprise est victime du manque de vision et de compréhension de personnes prétendant jouer le rôle de dirigeants du pays », déclare la direction, qui accuse à demi-mot l’inaction des autorités face à la montée des violences.

L’entreprise souligne que ses installations, pourtant situées dans une zone qualifiée de “calme et sécure”, sont actuellement attaquées, rançonnées et dépouillées par des groupes armés opérant ouvertement à Carrefour, dans une indifférence généralisée des forces de sécurité.

Ce départ forcé représente bien plus qu’une fermeture d’entreprise : c’est un signal d’alarme pour l’ensemble du secteur productif haïtien. Si une entreprise aussi enracinée, avec une histoire de 75 ans au service du pays, n’a pas pu être protégée, quelle chance ont les petites structures locales de survivre ?

En guise de conclusion, la direction lance un appel à la conscience nationale :

« Il est important pour nous tous, citoyens haïtiens, d’apprécier la valeur et l’importance de ce qui a été construit avant de les détruire. Ces actions inconscientes ne nous feront pas perdre notre courage et notre confiance dans l’avenir d’Haïti. »

Mais derrière ces mots pleins d’espoir, le constat reste sombre : les gangs, par la terreur, continuent de faire fuir les rares piliers de l’économie encore debout. Et pendant ce temps, l’État haïtien semble toujours incapable ou absent dans les zones sous leur contrôle.

GPL Media Libre

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