Massacres en Haïti : mêmes condamnations, mêmes promesses, même inaction 

Massacres en Haïti : mêmes condamnations, mêmes promesses, même inaction 

Le jeudi 11 septembre, plus de 42 personnes ont été tuées à Labodrie, un village situé entre l’Arcahaie et Cabaret, par des hommes lourdement armés. Mais au-delà de l’horreur, c’est surtout le scénario désormais familier qui se répète : condamnations en série, promesses officielles, puis silence… jusqu’au prochain drame.

Dans les jours qui ont suivi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réagi sur X. Il a dénoncé la barbarie des gangs et réclamé justice pour les victimes. Trois jours plus tard, l’ambassade des États-Unis a pris la relève avec un message ferme : Washington a accusé la coalition criminelle Viv Ansanm d’avoir orchestré l’attaque et exhorté les Haïtiens, ainsi que la communauté internationale, à unir leurs efforts pour mettre fin à la terreur.

En Haïti, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a pris la parole avant même les autorités. Dans un communiqué publié ce 15 septembre, l’institution a dénoncé « l’absence de mesures concrètes » et rappelé que le droit à la vie est garanti par la Constitution de 1987 et par plusieurs instruments internationaux ratifiés par Haïti. « L’État a l’obligation impérieuse de protéger ses citoyens », insiste l’OPC.

Ce n’est que le même jour, soit quatre jours après le drame, que le gouvernement a finalement diffusé son communiqué. Il condamne l’attaque, promet le déploiement d’unités spécialisées, le quadrillage de la zone et la traque des gangs impliqués. Le ton se veut ferme : « La République ne cédera pas face à la barbarie. »

Mais cette réaction tardive, postérieure à celles de l’ONU et des États-Unis, souligne une fois encore le retard chronique et l’inefficacité des autorités nationales.

À chaque tragédie, la mécanique est identique : une attaque meurtrière frappe une communauté, la communauté internationale dénonce, le gouvernement réagit à contretemps, puis les promesses s’enlisent dans le silence… jusqu’au prochain bain de sang.

Pour la population, la lassitude est immense. Les familles réclament des mesures concrètes : sécurisation des zones vulnérables, démantèlement des groupes armés, protection réelle des citoyens. Mais sur le terrain, rien ne change.

Le massacre de Labodrie, comme tant d’autres auparavant, apparaît comme le symbole d’un éternel recommencement : des discours en cascade qui remplacent l’action, tandis que la peur s’installe comme une norme.

GPL Media Libre

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