100 millions pour rêver au Qatar, mais qu’en est-il du football national ?

100 millions pour rêver au Qatar, mais qu’en est-il du football national ?

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a remis ce lundi un chèque de 100 millions de gourdes à la sélection nationale U-17, qualifiée pour la Coupe du Monde de la FIFA au Qatar. Entouré de plusieurs membres du gouvernement et de représentants de la Fédération haïtienne de football, le chef de la Primature a présenté ce geste comme un signal fort de l’engagement de l’État envers la jeunesse et le sport.

Cet appui financier, salué comme historique, vise à accompagner les jeunes Grenadiers dans leur préparation pour le rendez-vous mondial. La ministre de la Jeunesse et des Sports, Niola Lynn Sarah Octavius, a rappelé les exploits passés des U-17 et exhorté les joueurs à défendre avec fierté les couleurs nationales. De son côté, le Comité de normalisation de la FHF, par la voix de Mme Gally Amazan, a vu dans cette initiative une preuve concrète du partenariat entre l’État et la fédération.

Cependant, au-delà de la cérémonie et des discours, une question demeure : qu’en est-il du football national dans son ensemble ? Alors que les clubs locaux peinent à organiser leurs compétitions, que les infrastructures sportives se dégradent et que les championnats nationaux sont souvent suspendus, l’image des jeunes Grenadiers semble servir de vitrine internationale, masquant les difficultés profondes du ballon rond haïtien.

Depuis plusieurs années, le football local est au plus bas niveau, miné par des crises institutionnelles, des problèmes de gouvernance et un manque chronique de ressources. Les supporters assistent impuissants à la disparition progressive des championnats structurés, tandis que les talents du pays sont contraints de s’exiler pour évoluer. Dans ce contexte, l’annonce de 100 millions pour une sélection, aussi méritante soit-elle, apparaît comme un geste symbolique mais insuffisant pour relancer l’ensemble du secteur.

En conclusion, si le soutien aux U-17 traduit une volonté politique de hisser Haïti sur la scène mondiale, il ne saurait masquer les failles béantes du football national. L’enthousiasme entourant la participation à la Coupe du Monde ne peut faire oublier que sans une politique sportive cohérente, sans investissements durables dans les clubs, les académies et les infrastructures, le football haïtien restera condamné à briller ponctuellement à l’étranger tout en s’éteignant à domicile.

GPL Media Libre

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