Joseph Frinel sort de son silence assourdissant : le CPT de Fritz Alphonse Jean en pleine dérive

Joseph Frinel sort de son silence assourdissant : le CPT de Fritz Alphonse Jean en pleine dérive

Installé en grande pompe le 25 avril 2024, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) n’aura mis que quelques mois pour trahir les espoirs placés en lui. Treize mois plus tard, la désillusion est totale. Alors que son mandat de 22 mois touche à sa dernière ligne droite, l’organisme censé sortir le pays du chaos et redonner vie aux institutions républicaines est lui-même englué dans l’inertie, les luttes intestines et une opacité révoltante.

Composé de neuf membres : sept votants et deux observateurs. Le CPT avait pour mission de restaurer la sécurité, réaliser un référendum et organiser des élections d’ici au 7 février 2026. Ce qui aurait pu être une transition salvatrice s’est transformé en une vaste opération de sabotage institutionnel.

La rotation à la tête du conseil n’a apporté que plus de confusion, et avec l’arrivée de Fritz Alphonse Jean, la situation a empiré de façon spectaculaire. Celui qui se présentait naguère comme un redresseur de torts, dénonçant l’opacité et les dérives de l’État sur Twitter, est aujourd’hui la figure même du silence complice et de l’échec retentissant.

Le pouvoir a changé l’homme. Fritz Alphonse Jean, jadis lanceur d’alerte, est désormais gardien du statu quo. Aucune décision marquante, aucune réforme sérieuse, aucune vision claire. La paralysie est telle qu’un des membres observateurs, Joseph Frinel, a brisé le silence dans une lettre adressée à ses collègues ce lundi 16 juin 2025. Un geste rare et révélateur dans un conseil habitué à étouffer la critique et fuir la transparence.

Dans sa correspondance, Joseph Frinel dresse un tableau sans fard d’un conseil miné par les divisions, incapable de produire des résultats, et irresponsable face à la mission historique qui lui est confiée. Il affirme que l’arrivée de Fritz Alphonse Jean à la présidence a aggravé les tensions internes au point de bloquer complètement le fonctionnement du CPT, à huit mois de la fin de son mandat.

Le Conseil doit transcender les clivages internes et se concentrer sur la mission qui lui est définie , plaide Frinel, appelant à une retraite d’urgence pour vider les contentieux internes et relancer la machine.

Mais le mal est profond. Frinel lui-même admet que plusieurs initiatives cruciales, dont l’adoption d’un code d’éthique, une communication transparente avec la population, et une gestion claire des fonds alloués au CPT, ont été ignorées ou rejetées. Même les rumeurs nauséabondes sur les avantages financiers accordés aux conseillers et à leurs conjoints n’ont fait l’objet d’aucune mise au point publique. Un mépris total pour l’exigence de redevabilité.

Et pendant ce temps, le pays s’enlise. La violence persiste, les élections semblent hors de portée, et la population regarde, impuissante, une poignée de pseudo-dirigeants saboter le peu qu’il reste de la légitimité républicaine.

Le CPT n’a pas seulement échoué. Il s’est disqualifié. Il s’est montré indigne de la responsabilité historique qu’on lui a confiée. Et Fritz Alphonse Jean, qui devait incarner le changement, n’est finalement que le reflet d’un pouvoir stérile, arrogant et coupé du réel.

La lettre de Frinel est une sonnette d’alarme. Mais pour beaucoup, il est déjà trop tard.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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