Référendum fantôme : silence gênant du gouvernement après l’échéance du 11 mai
Annoncé en grande pompe pour le 11 mai 2025, le référendum constitutionnel n’a tout simplement pas eu lieu. Deux jours après la date fixée, ni le Conseil présidentiel de transition (CPT), ni le gouvernement, encore moins le CEP ne se sont exprimés. Pas de communiqué, pas d’excuse, pas même une note d’information. Le silence est total. Et ce silence résonne comme un aveu d’improvisation, d’oubli, voire de mépris.
Pourtant, des annonces officielles avaient été faites. Le 29 janvier 2025, depuis Paris, Leslie Voltaire, alors coordonnateur du CPT, déclarait sur TV5MONDE qu’un référendum serait organisé en mai pour trancher sur le type de Conseil électoral provisoire que le pays adopterait dans la nouvelle Constitution. Cette déclaration faisait suite à plusieurs actions entamées par le CEP, notamment le recrutement de membres pour les Bureaux électoraux départementaux et communaux, avec un concours organisé dès le 19 janvier.
Des missions d’évaluation avaient été menées dans plusieurs régions, notamment dans le Grand Nord et le Grand Sud, et un budget de 60 à 65 millions de dollars, via le Basket Fund, était mobilisé avec l’aide du PNUD et de partenaires internationaux. Des signaux laissant croire à une certaine volonté d’avancer.
Mais à l’épreuve des faits, le jour venu, rien. Aucun bulletin. Aucune mobilisation. Aucune file d’attente. L’événement est passé dans une indifférence presque gênante. Pire encore, les autorités concernées n’ont offert aucune explication au peuple. La promesse s’est évaporée, comme tant d’autres.
Ce manque de suivi, cette incapacité à informer la population, renforce la méfiance envers un pouvoir de transition déjà fragilisé. À force de promettre sans livrer, le régime donne l’impression qu’il oublie ses propres paroles. Et c’est peut-être là le plus grand défaut d’un menteur : la mémoire. Un menteur oublie toujours ce qu’il a dit. Il parle beaucoup, agit peu, et laisse derrière lui un peuple désemparé.
Aujourd’hui, une question fondamentale se pose : si les autorités ne parviennent pas à organiser un référendum annoncé depuis des mois, comment garantir la tenue des élections générales prévues pour le 15 novembre 2025 ? Pour l’instant, tout semble reposer sur des promesses déjà trop nombreuses. Et comme souvent en Haïti, ce sont les silences officiels qui font le plus de bruit.
Steeve Luc PIERRE.
