1er mai 2025 : Quand le peuple plante l’espoir sous les cendres de la crise
Alors que l’insécurité, l’inflation et la peur grignotent chaque jour un peu plus le quotidien des Haïtiens, le peuple, lui, a choisi pour une journée de semer autre chose : de la fierté, du courage, de la beauté.
Ce 1er mai 2025, journée internationale du travail et de l’agriculture , a donné lieu à une vibrante démonstration de résilience dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Là où tout semble figé, les Haïtiens ont fait vibrer la culture, raviver l’identité, et affirmer leur volonté de vivre.
À Delmas, les activités culturelles et communautaires ont redonné souffle et sens au mot « travail ». La Foire de l’amitié : Zanmitay Plis Haïti, dans les locaux de l’Escape Club, a offert un espace de chaleur humaine entre gastronomie locale, artisanat et échanges littéraires. Dans ce même élan, Nancy Laine a orchestré la 2e édition de « Moman Zanmitay ak Konsans », un moment de rencontre autour de la lecture et de la conscience citoyenne, à CEDEC.
Mais c’est à Fontamara qu’une voix forte s’est levée pour rappeler l’héritage paysan comme socle de notre identité. Le Club Littéraire Émeric Bergeaud (CLÉB) a organisé l’activité « Ann reveye Dantan », un hommage vivant aux traditions culinaires et agricoles d’Haïti. Sous le slogan « Vwazin manje a pare », la solidarité a retrouvé ses lettres de noblesse dans les locaux de l’institution Diamant Bleu.
À Pétion-Ville, le groupe Éritaj a organisé la première édition de la « Fwa Rezistans » au Convention Center de l’hôtel NH El Rancho. Cette foire a été une célébration de la résistance à travers l’agriculture et le travail, un symbole fort dans un contexte où la culture de la résistance est plus nécessaire que jamais.
À Carrefour, Clercine et Pétion-Ville, des foires agro-artisanales ont été organisées, valorisant les produits du terroir et les talents locaux. Malgré l’incertitude ambiante, des familles se sont déplacées, des jeunes ont exposé, des entrepreneurs ont raconté, avec fierté, le fruit de leur labeur.
Le 1er mai 2025 n’a donc pas été qu’une commémoration symbolique. Il a été un acte de résistance. Résister par le travail, par la mémoire, par la création. Résister en célébrant ce que nous sommes : un peuple debout, qui croit encore au lendemain, même dans la tempête.
Jean Daniel PIERRE
