Haïti en péril : Michaëlle Jean exhorte à un sursaut patriotique
« Ayiti pa kapab ankò ! » C’est par ce cri du cœur que Michaëlle Jean, figure emblématique de la lutte pour la démocratie et la justice, appelle aujourd’hui toutes les forces progressistes d’Haïti à se rassembler.
Née à Port-au-Prince, ancienne gouverneure générale du Canada, elle a consacré sa vie à la défense des droits humains et des valeurs démocratiques. Face à l’effondrement du pays, elle propose un Congrès patriotique destiné à tracer une nouvelle voie pour Haïti, une voie rompant avec les échecs du passé et posant les bases d’une refondation nationale.
Un pays sous le joug de la terreur : l’urgence d’agir
Haïti n’en peut plus. Les gangs terroristes ont accaparé le territoire, réduisant l’État à l’impuissance. Port-au-Prince est coupée des autres départements, des milliers de familles sont déplacées, et la vie quotidienne est devenue un enfer. Les institutions sont paralysées, l’économie étouffée, et le peuple haïtien est abandonné à son sort. Il est temps de briser ce cycle infernal.
Le Congrès patriotique se repose sur trois piliers
1. La sécurité, condition sine qua non de toute reconstruction
Sans sécurité, rien n’est possible. Le premier objectif de ce congrès sera de rétablir l’autorité de l’État sur tout le territoire, en reconnectant Port-au-Prince aux communes et départements isolés par la violence. Pour cela, il faut :
-Désarmer les gangs et rétablir l’ordre public.
-Permettre le retour des déplacés dans leurs foyers.
-Relancer les activités économiques et sociales pour que le pays retrouve son souffle.
2. Briser le cycle des transitions politiques sans fin
Les transitions à répétition n’ont fait qu’aggraver la crise. Il est impératif d’organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives, garantissant la participation du peuple sans interférences.
- Redonner vie aux institutions étatiques afin que les citoyens puissent enfin choisir leurs dirigeants légitimes.
- Mettre Haïti sur le chemin de la stabilité et du développement en rompant avec les stratégies politiciennes qui entretiennent le chaos.
3. Réviser le système de gouvernance : en finir avec les mécanismes de l’échec
Le système actuel a conduit Haïti au désastre. Peut-il encore :
Garantir la sécurité ?
Mettre fin aux transitions interminables ?
Échapper à l’emprise des réseaux criminels et de la corruption ?
Le congrès devra proposer une nouvelle gouvernance avec :
Des institutions fortes, capables d’empêcher la prise en otage de l’État par des intérêts destructeurs.
Une culture politique axée sur le bien commun, et non sur les intérêts personnels.
Une refonte du système pour garantir la pérennité de la nation, afin qu’Haïti ne soit plus jamais menacée de disparition.
La position des signataires : Sauver la nation, pas chercher des places
Les initiateurs de ce congrès sont clairs : il ne s’agit pas de se positionner pour un rôle dans la transition, mais de sauver Haïti. Leur engagement est désintéressé ; leur priorité, la survie de la nation.
Un appel à l’union sacrée
Michaëlle Jean lance un appel solennel à tous les Haïtiens, en diaspora comme sur le territoire national, à s’unir pour faire de ce congrès le premier pas vers le changement tant attendu.
« Le temps des divisions est révolu. Aujourd’hui, c’est la patrie qui appelle. Ensemble, nous pouvons écrire une nouvelle page de l’histoire d’Haïti. »
Viv Libète ! Viv Ayiti !
Jean Daniel PIERRE
