Insécurité en Haïti : des agents de Moncash et de Natcash profitent de la crise pour rançonner les citoyens

Insécurité en Haïti : des agents de Moncash et de Natcash profitent de la crise pour rançonner les citoyens

Depuis plusieurs mois, la montée en puissance de l’insécurité en Haïti a plongé le pays dans une crise sans précédent. Alors que les gangs armés étendent leur emprise sur de nombreuses zones, notamment dans la commune de Carrefour et certaines parties de Port-au-Prince comme Fontamara et Martissant, une autre forme d’exploitation émerge : celle des entreprises et des agents de services financiers qui profitent de la situation pour rançonner les citoyens désemparés.

Dans ces quartiers où l’État est quasi inexistant , les habitants deviennent des proies faciles pour des pratiques abusives. Les agents de Moncash et Natcash, ainsi que les maisons de transfert, imposent désormais des frais exorbitants pour des services qui devraient être accessibles à tous. Selon plusieurs témoignages, ces entreprises et individus profitent de la vulnérabilité des clients pour s’enrichir sur leur dos.

Des frais illégitimes imposés aux usagers

Les clients qui se rendent dans ces zones pour effectuer des retraits Moncash ou Natcash se heurtent à une réalité cruelle : après les frais déjà prélevés par les opérateurs télécoms (Digicel pour Moncash et Natcom pour Natcash), les agents locaux exigent un supplément de 2 % sur chaque transaction. Une pratique abusive qui aggrave le fardeau quotidien des Haïtiens, déjà confrontés à une inflation galopante et à une économie en berne.

Pour les maisons de transfert, la situation n’est pas moins alarmante. Ces établissements, censés faciliter les envois d’argent des diasporas, imposent désormais des frais fixes de 150 gourdes ou plus, selon le montant du transfert. Une somme non négligeable pour des familles qui dépendent de ces fonds pour survivre. Face à ces exigences, les usagers n’ont d’autre choix que de se plier à ces conditions, au risque de se voir refuser l’accès à leur propre argent.

Un silence complice des autorités

Face à cette situation, les autorités haïtiennes restent étrangement silencieuses. Alors que les citoyens dénoncent ces pratiques abusives, aucune mesure concrète n’a été prise pour réguler ces services ou protéger les consommateurs. Ce mutisme de l’État, déjà critiqué dans de nombreux autres domaines, renforce le sentiment d’abandon des populations les plus vulnérables.

De leur côté, les entreprises concernées, Moncash et Natcash, ne semblent pas non plus pressées de réagir. Malgré les plaintes répétées des usagers, aucune communication officielle n’a été faite pour condamner ces pratiques ou mettre en place des mécanismes de contrôle. Ce silence complice laisse libre cours à ces abus, qui continuent de se multiplier dans un climat d’impunité généralisée.

Jusqu’à quand ?

La question que se posent désormais les victimes de ces pratiques est simple : jusqu’à quand devront-elles subir cette double peine ? Entre l’insécurité grandissante et l’exploitation financière, les Haïtiens se retrouvent pris au piège d’un système qui semble les abandonner à leur sort.

Dans un contexte où la confiance envers les institutions est au plus bas, il est urgent que les autorités haïtiennes, ainsi que les entreprises concernées, prennent leurs responsabilités. Sans une intervention rapide et efficace, ces pratiques risquent de s’enraciner davantage, plongeant encore plus le pays dans le chaos.

En attendant, les habitants de Carrefour, Fontamara, Martissant et bien d’autres zones touchées continuent de subir ces injustices, espérant un jour voir la lumière au bout du tunnel. Mais pour l’instant, cette lumière semble bien lointaine.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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