Haïti : arrestation de María Estela Fajardo, propriétaire du club « La Patrona », accusée d’exploitation sexuelle
María Estela Fajardo, une citoyenne dominicaine âgée de 42 ans et résidant en Haïti depuis 22 ans, a été arrêtée par la Police nationale d’Haïti (PNH) le 29 janvier dernier, à Tabarre. En effet, cette arrestation fait suite à des accusations d’exploitation sexuelle, de traite de migrants et d’exploitation de mineures, formulées par les autorités dominicaines.
Selon ces dernières, la mère de quatre enfants aurait organisé l’entrée en Haïti de jeunes filles venues de la République dominicaine, y compris des mineures, afin de les exploiter dans la prostitution. De plus, elle est soupçonnée de gérer un réseau de traite de personnes, en particulier de jeunes filles vulnérables, dans son établissement situé à Tabarre.
Ainsi, les enquêteurs dominicains affirment que 17 jeunes femmes travaillaient dans son club, dont 7 mineures. Par conséquent, ces accusations ont conduit à une demande d’arrestation internationale via Interpol, ce qui a permis à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) d’Haïti de l’interpeller.
Toutefois, lors de son interrogatoire avec les enquêteurs de la DCPJ, María a rejeté en bloc ces accusations. En effet, elle a affirmé que toutes les travailleuses de son établissement étaient majeures et qu’elles avaient rempli les conditions légales pour exercer cette activité. Elle a précisé que certaines d’entre elles disposaient de passeports avec des visas en règle, tandis que d’autres avaient des documents prouvant leur majorité.
De plus, elle a souligné que plusieurs de ces jeunes femmes avaient travaillé dans d’autres clubs de Pétion-Ville et de Delmas avant de rejoindre « La Patrona ». Par ailleurs, elle a insisté sur le fait que son établissement imposait des règles strictes aux travailleuses, leur interdisant notamment de partir avec des inconnus sans autorisation.
Néanmoins, malgré ses dénégations, l’affaire suscite de nombreuses réactions et met en lumière la problématique de l’exploitation sexuelle et de la traite des êtres humains en Haïti. D’une part, les autorités dominicaines ont particulièrement insisté sur la disparition inquiétante d’une mineure dominicaine, qui aurait un lien avec les activités du club. D’autre part, l’arrestation de la propriétaire du club « La Patrona » marque une nouvelle étape dans la coopération entre les forces de l’ordre haïtiennes et dominicaines dans la lutte contre la traite humaine et l’exploitation sexuelle.
Ainsi, l’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue des activités du réseau présumé et d’identifier d’éventuels complices. En attendant, María Estela Fajardo reste en détention en Haïti, dans l’attente d’une possible extradition vers la République dominicaine.
Steeve Luc PIERRE
