À quand la fin de l’impunité en Haïti ?

À quand la fin de l’impunité en Haïti ?

Dans les rues poussiéreuses de Port-au-Prince, au milieu du chaos quotidien, un sentiment d’abandon règne. Les Haïtiens, accablés par des décennies de souffrance, se demandent si un jour la justice sera rendue. À quand la fin de l’impunité qui permet aux corrompus de se mouvoir librement dans les couloirs du pouvoir, sans jamais avoir à rendre des comptes ? Les scandales de corruption se succèdent, et pourtant, ceux qui en sont responsables continuent de se réfugier derrière un discours usé : la « persécution politique ». Mais pour combien de temps encore ?

Les rapports accablants de l’ULCC, les dénonciations incessantes des organisations de défense des droits humains, les travaux de commissions parlementaires, lorsqu’elles existaient encore, n’ont jamais suffi à freiner cette machine bien huilée qu’est la corruption en Haïti. Que ce soit les millions du PetroCaribe détournés, les abus commis dans les marchés publics, ou les détournements de fonds liés aux urgences humanitaires, toutes ces affaires n’ont mené qu’à une chose : l’inaction. 

Les personnes indexées, loin de répondre de leurs actes, se drapent dans le manteau de la victimisation, criant à la persécution. Mais qui sont vraiment les victimes ? Est-ce la poignée de fonctionnaires et de politiciens qui se disent persécutés, ou bien cette population qui, chaque jour, s’enfonce un peu plus dans la misère à cause de leurs actions ?

Le peuple en a assez. Il réclame des hommes et des femmes honnêtes, capables de se lever pour la vérité et d’appliquer la loi, peu importe qui se trouve en face. Trop souvent, ceux qui prétendent défendre l’intérêt général ne sont que des narcissiques avides de pouvoir et de lumière, plus intéressés par leur propre gloire que par la justice. Haïti ne peut plus se permettre ces farces. Elle a besoin de vrais leaders, des gens capables de redonner vie à un pays plongé dans l’obscurité.

Les preuves de la souffrance sont partout. Dans les cimetières, des familles entières se sont installées sous des tentes de fortune, vivant parmi les morts parce que les vivants ne leur offrent aucun répit. Sur les places publiques, des enfants, pieds nus et ventre vide, dorment à même le sol, tandis que les corrompus circulent en voitures de luxe, protégés par des gardes armés. 

La capitale, autrefois pleine de vie, est aujourd’hui le théâtre de la désolation. Des maisons éventrées, des marchés en ruine, des visages marqués par le désespoir. Même les écoles publiques, autrefois sanctuaires de l’éducation, sont devenues des refuges pour ceux qui ont été expulsés de leurs maisons par les gangs. Ils vivent entassés dans des salles de classe, espérant chaque jour un miracle. Comment ces personnes peuvent-elles encore regarder leur peuple en face, alors qu’elles l’ont trahi si profondément ?

Le contraste est insupportable. Alors que les citoyens ordinaires peinent à survivre, certains mènent une vie de faste et d’abondance, accumulant les richesses et se soustrayant à la loi. Ce qui est encore plus révoltant, c’est l’absence de justice. Malgré les cris d’alarme, malgré les preuves, aucune conséquence ne tombe jamais sur ceux qui sont les véritables responsables de cette catastrophe.

L’Haïtien ne demande plus qu’une chose : que justice soit faite, enfin. Que cesse cette mascarade où les corrompus se dérobent en toute impunité, pendant que le peuple souffre et s’effondre. Il est temps que ceux qui prétendent gouverner cessent de se voiler la face et agissent réellement pour l’intérêt de la nation. L’histoire les jugera, mais en attendant, il est urgent d’agir pour sauver ce qui reste de ce pays meurtri.

Steve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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