Garry Conille et le temps qui passe 

Garry Conille et le temps qui passe 

Rongé par l’insécurité et la misère, le peuple haïtien appelle au secours de toutes ses forces. Sa voix résonne comme celle d’un animal pourchassé dans la vallée de l’ombre de la mort. Qui volera à sa rescousse ? Incapable d’y parvenir, le gouvernement d’Ariel Henry a été contraint de tirer sa révérence. Place à Garry Conille et au Conseil Présidentiel de Transition (CPT), disent certains, pour sortir le pays du bourbier dans lequel il est tombé depuis un certain temps. Mais, plus d’un mois après, la nouvelle machine peine à être mise en marche, alors que les bandits continuent de se la couler douce dans plusieurs zones du pays.

Depuis que l’ex-Premier ministre Ariel Henry a été obligé de rester loin, très loin d’Haïti, celle-ci veut refaire l’expérience du bicéphalisme. Cette fois-ci, c’est à un conseil présidentiel, composé de 9 membres, et d’un Premier ministre que le pays a ouvert ses bras. Garry Conille, très présent devant les caméras, en raison des rencontres qu’il multiplie un peu partout, se présente dans le costume d’un homme rassurant. Les troupes kényanes aidant, il n’aurait pas à se plaindre de l’effectif des forces de l’ordre pour contrecarrer la puissance des feux des bandits.

Vite, des changements se sont opérés au niveau de la PNH. Rameau Normil, ancien DG de l’institution, est de retour. À quelle fin ? Plus le temps passe, plus on se questionne encore sur la capacité ou, mieux, sur la volonté de l’équipe en place de mettre en déroute les criminels.  À Ganthier, le gang « 400 mawozo », pour se montrer prêt à défier les agents de l’ordre, a détruit le commissariat. 

Wilson Joseph alias « Lanmò san Jou », numéro un de cette bande armée, se vante d’être le tout-puissant de sa zone. Récemment, il s’est fait filmer dans un  petit entrepôt rempli de munitions et d’armes de grand calibre. Lui et ses soldats ont coupé plusieurs axes routiers, paralysant ainsi presque toutes les activités liées au commerce et à la circulation.

Cette macabre situation n’est pas différente à Gressier, devenu un véritable rubicon. Les véhicules de transport en commun ont le moteur coupé depuis plusieurs jours. Certains passagers, ne sachant à quel saint se vouer, se sont aventurés à pieds sur la nationale #2 où les bandits s’établissent pour imposer leur volonté aux rares usagers de cette municipalité. 

La police, mieux outillée qu’autrefois, tarde à passer à l’action pour venir à bout des malfrats qui, dans des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, menacent de s’offrir d’autres territoires. Ce qui a mis sur le qui-vive les habitants du Grand Sud.

Si Garry Conille a dû laisser en trombe la zone de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti face aux assauts des bandits armés il n’y a pas longtemps, cela ne l’empêche de continuer de multiplier ses visites. Maître du temps, il était au Collège Canado le 4 août pour observer le déroulement de la première journée des examens officiels du baccalauréat. Garry Conille et le CTP arriveront-ils à sortir Haïti de sa situation de la crise dans les 14 mois qui leur restent ? Attendons de voir…

Wesker Sylvain

GPL Media Libre

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