Droits humains : l’OCNH appelle au suivi des recommandations de l’EPU
L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a réuni, mardi 15 septembre 2026, des représentants de plusieurs institutions autour du suivi des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU). L’atelier a notamment porté sur l’accès à la justice, le droit à l’identité, la détention préventive prolongée et les conditions de détention.
Le directeur exécutif de l’OCNH, Me Camille Occius, a appelé les autorités et les acteurs concernés à donner une suite concrète aux engagements pris par Haïti dans le cadre de l’EPU. Il a également plaidé pour une meilleure coordination entre l’État, l’Office de la protection du citoyen (OPC), les organisations de défense des droits humains et les partenaires internationaux.
La rencontre a notamment réuni le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, le Protecteur du citoyen a.i., Jean Wilner Morin, ainsi que le Protecteur du citoyen adjoint, Me Amoce Auguste. Le directeur général de l’OPC, Jude Jean-Pierre, et des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) et du HCR ont également pris part aux échanges.
Intervenant lors de l’atelier, Jean Wilner Morin a rappelé les engagements pris par Haïti lors de son examen du 31 janvier 2022. Le pays avait alors accepté 205 recommandations portant notamment sur la justice, la sécurité, les droits humains et la protection des personnes vulnérables.
Quatre ans plus tard, le responsable de l’OPC estime que l’enjeu consiste désormais à mesurer les actions réalisées. « La véritable question n’est pas seulement de savoir quelles recommandations nous avions acceptées. La véritable question est : qu’avons-nous fait de ces recommandations ? », s’est-il interrogé.
Me Jean Wilner Morin a également évoqué l’insécurité, l’impunité, l’accès à la justice, la détention préventive prolongée et la protection des personnes vulnérables. Selon lui, l’EPU doit dépasser le simple constat des difficultés et servir à rechercher des réponses concrètes.
Des engagements qui doivent atteindre les citoyens
Pour le Protecteur du citoyen a.i., les engagements internationaux pris par Haïti doivent produire des changements perceptibles dans la vie quotidienne. Une recommandation sur l’accès à la justice doit notamment permettre aux justiciables d’obtenir une décision dans un délai raisonnable.
Les recommandations relatives aux conditions de détention doivent, de leur côté, contribuer à réduire la détention préventive prolongée et les cas de détention arbitraire. Le suivi régulier des engagements apparaît ainsi comme un élément central du processus.
Camille Occius a, pour sa part, attiré l’attention sur plusieurs difficultés observées sur le terrain. Il a notamment cité les problèmes liés à l’identité juridique, l’accompagnement des victimes de violences basées sur le genre et la situation des personnes déplacées internes.
Vers une nouvelle feuille de route
L’atelier a également permis aux participants d’aborder le renforcement des capacités des acteurs engagés dans le processus de l’EPU. L’évaluation des recommandations précédentes et la collaboration entre les institutions ont également figuré parmi les principaux sujets de discussion.
Les participants ont enfin échangé sur la préparation d’une feuille de route pour les prochaines étapes du processus. Cette démarche doit permettre de mieux organiser le suivi des engagements et de renforcer la collaboration entre les institutions publiques, les organisations de défense des droits humains et les partenaires internationaux.
L’OCNH entend ainsi maintenir la question du suivi des recommandations de l’EPU au centre des discussions sur les droits humains en Haïti.
