Sécurité : après l’échec de la MMS, la Force de Répression des Gangs se profile en Haïti
Une nouvelle phase s’ouvre dans la lutte contre l’insécurité en Haïti. Après les résultats jugés limités de la mission multinationale conduite par le Kenya, les autorités haïtiennes misent désormais sur la Force de Répression des Gangs (FRG) pour tenter de reprendre le contrôle de la situation.
Un premier contingent de soldats tchadiens est arrivé ce mercredi sur le sol haïtien, marquant le lancement officiel des opérations de la FRG. Ce déploiement s’inscrit dans un plan plus large prévoyant l’arrivée progressive de près de 5 000 agents en provenance du Tchad d’ici le 30 septembre 2026, afin de renforcer la Police nationale d’Haïti (PNH), aujourd’hui débordée par l’ampleur de la violence des gangs.
L’arrivée de la Force de Répression des Gangs (FRG) intervient dans un contexte marqué par les limites observées dans la mission précédente dirigée par le Kenya. Malgré les espoirs placés en cette intervention, les groupes armés continuent de contrôler plusieurs zones stratégiques, notamment dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.
À la tête de la FRG, le représentant spécial Jack Christofides a également atterri en Haïti pour coordonner cette mission multinationale, autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies dans le cadre d’une résolution adoptée en 2025.
La mission assignée à la Force de Répression des Gangs (FRG) est claire : mener des opérations ciblées de renseignement contre les bandes armées, sécuriser les infrastructures essentielles ainsi que les principaux axes routiers, et assurer la protection des civils, dans le respect des droits humains et de l’État de droit.
Outre le Tchad, plusieurs pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et de la Caraïbe devraient contribuer à cette force, avec un objectif global d’environ 5 500 militaires déployés entre avril et octobre 2026.
La Force de Répression des Gangs (FRG) travaillera en étroite collaboration avec le gouvernement haïtien, la PNH, les Forces armées d’Haïti (FAD’H), ainsi que des partenaires internationaux comme le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et l’Organisation des États américains (OEA).
Si cette nouvelle initiative ravive un certain espoir au sein de la population, elle suscite également des interrogations sur son efficacité réelle, dans un contexte où l’insécurité continue de paralyser le pays. Entre attentes et prudence, les Haïtiens espèrent désormais que la Force de Répression des Gangs (FRG) saura produire des résultats concrets là où les précédentes interventions ont montré leurs limites.
Steeve Luc PIERRE
Image d’illustration : Infos Partage
