Accord migratoire entre St Kitts-et-Nevis et les États-Unis : l’exclusion des Haïtiens suscite la controverse
Un accord migratoire récemment évoqué entre St Kitts-et-Nevis et les États-Unis provoque de vives réactions au sein de l’opinion publique caribéenne, en particulier en Haïti. En cause : la déclaration du Premier ministre Terrance Drew, qui a confirmé la possibilité pour son pays de recevoir un petit groupe de personnes déportées depuis les États-Unis, tout en excluant explicitement les ressortissants haïtiens.
Selon les autorités de St Kitts-et-Nevis, il s’agit d’un accord de principe conclu avec l’administration américaine, visant à encadrer l’éventuelle réception de personnes déportées originaires des pays membres de la CARICOM (Communauté caribéenne). Toutefois, le Premier ministre a précisé que les Haïtiens ne sont pas concernés par ce dispositif, malgré l’appartenance d’Haïti à cette organisation régionale.
Terrance Drew a justifié cette décision par des considérations de sécurité, estimant que la situation actuelle en Haïti, marquée par une grave crise sécuritaire et institutionnelle, représente un facteur de risque que son pays, un micro-État insulaire, n’est pas en mesure de gérer.
Cette exclusion a rapidement suscité des réactions contrastées. Notamment sur les réseaux sociaux, plusieurs Haïtiens ont exprimé leur indignation, soulignant que la crise que traverse le pays ne devrait pas servir de prétexte à une exclusion systématique de ses citoyens dans les mécanismes régionaux de coopération.
Les autorités de St Kitts-et-Nevis tiennent toutefois à préciser que cet accord n’implique aucune déportation automatique. Il s’agit d’un cadre de discussion et de coopération, laissant à l’État insulaire la possibilité d’accepter ou non certaines personnes, au cas par cas.
Au-delà de la polémique immédiate, cette affaire relance le débat sur la solidarité régionale et la place réelle d’Haïti au sein de la CARICOM. Elle met également en lumière les limites de l’intégration caribéenne face aux crises migratoires et sécuritaires qui affectent certains États membres.
Alors que les défis migratoires restent au cœur de l’agenda régional, cette décision pourrait marquer un précédent et influencer les futures politiques de coopération entre les pays de la Caraïbe.
Steeve Luc PIERRE
