Madrid ne pardonne pas : Xabi Alonso face à une culture qu’il n’aura pas comprise
Au lendemain d’un Clásico perdu, une tête, pourtant arrivée enflée de certitudes, repart alourdie de doutes. À Madrid, les défaites ne s’analysent jamais en silence : elles interrogent, elles jugent, elles tranchent.
Auréolé d’une saison historique avec le Bayer Leverkusen, Xabi Alonso débarquait au Real Madrid avec l’assurance des vainqueurs précoces. Mais très vite, une confusion s’est installée. L’Espagne n’est pas l’Allemagne. Leverkusen n’est pas Madrid. Et le Real n’est pas un laboratoire.
Fort de sa réussite passée, l’ancien technicien du club allemand a semblé vouloir appliquer une philosophie qu’il n’a même pas comprise. Pire encore, il a tenté de redéfinir des hiérarchies déjà consacrées. Parmi les choix les plus discutés, la gestion de la star brésilienne, Vinícius Jr., a cristallisé les tensions.
Comment réduire un joueur de cette envergure à un simple joueur? Comment reléguer au second plan un leader qui a déjà offert au club deux Ligues des champions ? À Madrid, le talent ne se dompte pas par décret. Il se canalise, il s’accompagne, il se respecte.
Progressivement, la vedette brésilienne voit son temps de jeu diminuer. Les signaux deviennent inquiétants. La relation entre l’entraîneur et le brésilien se tend, les murmures envahissent le vestiaire, la presse s’empare du sujet. À Madrid, le silence n’existe pas : chaque geste est scruté, chaque décision commentée.
Les jours passent et Vinícius traverse une période de doute. Une descente aux enfers que certains relient à l’échec au Ballon d’Or, mais que beaucoup analysent surtout à la lumière d’un plan de jeu flou et d’une relation humaine mal gérée. Les contre-performances s’enchaînent, les matchs sans éclat se multiplient…, et la critique devient implacable. Pourtant, face à un talent aussi singulier, l’opposition a ses limites. Vinícius possède une magie qui ne se contraint pas. Elle surgit ou se tait, mais ne se commande jamais.
Lors d’un Clásico remporté par le Real en championnat en octobre 2025, alors que le Brésilien livrait une prestation impressionnante, laissant croire à une renaissance du Mal-Aimé de l’Europe, Xabi Alonso choisit de le remplacer. Le geste fait basculer l’équilibre déjà fragile. Pour une fois, Vinícius, furieux, sort de sa réserve, exprime ouvertement son mécontentement. Un acte révélateur d’un malaise plus profond : celui d’un entraîneur encore sans repères face à un vestiaire peuplé de superstars, où la gestion des ego est un art à part entière.
Dès lors, chaque match ressemble à une épreuve décisive. Comme si Xabi Alonso jouait sa survie à chaque sortie. La pression monte, le temps s’accélère, et les résultats tardent à rassurer. Le technicien espagnol semble confronté à une réalité qu’il a peut-être sous-estimée : à Madrid, on n’impose pas une méthode, on épouse une culture.
Déroute en finale face au FC Barcelone. Une défaite de plus, ou la goutte qui fait déborder le vase ?
Ce dimanche 11 janvier 2026, Madrid n’a peut-être pas perdu qu’un match.
Car au-delà du revers concédé sur la pelouse (un 3-2 douloureux contre l’éternel rival), une autre défaite, plus silencieuse mais tout aussi lourde et considérerable, s’est jouée quelques minutes plus tard, en salle de presse.
En conférence, Xabi Alonso a choisi de relativiser l’enjeu, qualifiant la Supercoupe d’Espagne de « simple match », sans réelle ampleur. Une déclaration qui n’est pas passée inaperçue…Ici,c’est Madrid! Rire
Peut-être a-t-il confondu l’élève brillant qu’il fut à Leverkusen avec l’étudiant qu’il redevenait au Real Madrid(On ne peut pas confondre l’élève du niveau classique avec l’étudiant à l’université). Ici, l’histoire pèse, les titres obligent, et l’erreur se paie comptant.
Bazelais LAGUERRE
