Armes de guerre et gangs : Haïti sous l’emprise de la peur 

Armes de guerre et gangs : Haïti sous l’emprise de la peur 

Alors que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader à travers le pays, la saisie d’armes et de munitions au port du Cap-Haïtien, ce mardi 30 décembre, remet en évidence l’ampleur du trafic illicite qui alimente la criminalité armée. En dépit des opérations menées par les forces de l’ordre, les réseaux spécialisés dans l’introduction d’armes de guerre semblent conserver une longueur d’avance sur l’État.

En effet, trois armes à feu, dont un fusil d’assaut de type AK-47, huit chargeurs et 36 boîtes de cartouches ont été saisis par des agents douaniers au port du Cap-Haïtien.

Cette opération, menée conjointement avec la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS), a débouché sur l’arrestation de Clément Mary Junior Thelusma, un quadragénaire, originaire des Gonaïves, présenté comme le propriétaire de la marchandise.

L’interception de fusils d’assaut, de pistolets et de milliers de cartouches démontre que les circuits d’approvisionnement des groupes armés restent actifs et structurés. Ces armes, destinées à renforcer la puissance de feu des gangs, constituent l’un des principaux moteurs de l’insécurité qui paralyse de larges portions du territoire national.

Sur le terrain, les conséquences sont dramatiques. Kidnappings, attaques armées, assassinats ciblés et déplacements forcés de populations se multiplient, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et sur plusieurs axes stratégiques du pays. L’insécurité, autrefois concentrée dans certaines zones, gagne progressivement de nouveaux espaces, accentuant le sentiment de peur et d’abandon au sein de la population.

Si les autorités mettent en avant les saisies d’armes comme des avancées notables, de nombreux observateurs estiment que ces actions restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. Le trafic d’armes prospère sur la porosité des frontières, la faiblesse des contrôles portuaires et le manque de coordination durable entre les institutions chargées de la sécurité.

Dans ce contexte, la population attend des réponses plus concrètes. Au-delà des annonces et des opérations ponctuelles, la lutte contre l’insécurité exige une stratégie globale incluant le renforcement des capacités des forces de l’ordre, le démantèlement effectif des réseaux criminels et une action judiciaire crédible.

Faute de quoi, les saisies d’armes, aussi importantes soient-elles, risquent de rester symboliques, pendant que les réseaux armés continuent de défier l’autorité de l’État et de menacer la sécurité publique.

GPL Media Libre

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