Duel entre Fritz Alphonse Jean et Alix Didier Fils-Aimé : deux maux qui se prennent pour le remède
La scène politique haïtienne a connu cette semaine un nouvel épisode de tension, marqué par plusieurs prises de parole opposées au sein des institutions de transition. Tandis que Fritz Alphonse Jean affirme subir des pressions étrangères en raison de sa position favorable à la révocation du Premier ministre, ce dernier, Alix Didier Fils-Aimé, insiste de son côté sur l’unité nationale et les efforts déployés pour renforcer la sécurité.
Fritz Alphonse Jean dénonce ce qu’il qualifie d’ingérences diplomatiques inadmissibles dans les affaires internes du Conseil présidentiel de transition. Il affirme avoir clairement exprimé son désaccord au Chargé d’Affaires américain, à qui il dit avoir remis un document décrivant les « échecs » du gouvernement Fils-Aimé. Selon lui, aucun responsable haïtien ne devrait être menacé ou influencé dans l’exercice de ses fonctions, surtout lorsqu’il s’agit de décisions politiques majeures.
Ce jeudi 27 novembre, la Primature publiait un communiqué à l’issue de la participation du Premier ministre à la Table Sectorielle sur la Sécurité, organisée par le CARDH à l’Hôtel Karibe. Alix Didier Fils-Aimé y met de l’avant la transformation de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité en Force de Répression des Gangs, présentée comme une étape cruciale pour redonner espoir à la population.
Le chef du gouvernement rappelle que la restauration de la sécurité demeure indispensable à l’organisation des prochaines élections, qui doivent permettre de relancer la dynamique démocratique. Il appelle à un renforcement de l’unité nationale pour soutenir les institutions et rétablir l’autorité de l’État.
Cette divergence de discours intervient alors que la crise sécuritaire continue de s’aggraver dans le pays. Ce jeudi 27 novembre, des groupes armés ont de nouveau attaqué la commune de l’Arcahaie, confirmant la montée en puissance de réseaux criminels de plus en plus organisés. Cette offensive, loin d’être un cas isolé, illustre l’incapacité persistante des autorités à contrôler l’expansion territoriale des gangs, qui frappent désormais des zones autrefois relativement épargnées. Ces violences récurrentes alimentent l’inquiétude de la population et accentuent la pression sur les institutions pour proposer des réponses plus efficaces.
Entre accusations d’ingérence, controverses politiques et insécurité généralisée, le pouvoir de transition se retrouve plus que jamais face à un défi existentiel. Les divergences affichées au sommet de l’État contrastent avec l’urgence d’une action concertée pour faire face à une crise sécuritaire qui, chaque jour, fragilise davantage le pays.
Jean Daniel PIERRE
