Léogâne en colère : forte mobilisation contre le transfert annoncé du commissaire Alix Apollon

Léogâne en colère : forte mobilisation contre le transfert annoncé du commissaire Alix Apollon

Accusé d’avoir facilité l’entrée des gangs à Carrefour lorsqu’il y était commissaire, Jean Garry Gilles ne fait pas l’unanimité à Léogâne. Hier mardi 12 août 2025, la cité d’Anacaona a connu une journée de tension extrême alors que la rumeur de son remplacement à la tête du commissariat, au détriment de l’actuel commissaire Alix Apollon, a mis la population en ébullition.

La cité d’Anacaona s’est réveillée hier sous haute tension. Dès les premières heures du matin, les rues principales étaient méconnaissables : barricades de fortune, jets de pierres et de bouteilles, circulation paralysée. En toile de fond, une rumeur qui a enflammé la ville : le possible transfert du commissaire de police Alix Apollon, en poste depuis le 22 février 2024 et considéré par une grande partie de la population comme un rempart contre l’avancée des gangs.

Selon plusieurs habitants, le commissaire Apollon pourrait être remplacé par Jean Garry Gilles, ancien commissaire de Carrefour, accusé par certains d’avoir facilité l’infiltration de cette commune par le groupe criminel Viv Ansanm, notamment sa branche menée par le redouté Krisla. Une perspective jugée inacceptable par les Léogânais, qui redoutent de voir leur ville subir le même sort que Gressier, tombée aux mains des gangs en mai 2024.

Tout au long de la journée, le centre-ville est resté figé. Les marchés publics ont baissé rideau, les banques n’ont pas ouvert, le transport en commun a cessé de circuler. Dans plusieurs quartiers, dont Dufort, les manifestants ont bloqué les accès, rendant toute circulation impossible. « Avec le commissaire Apollon, Léogâne ne sera pas un territoire perdu », pouvait-on lire sur certaines pancartes brandies par la foule. Le cortège scandait également : « C’est Apollon que nous voulons, nous ne voulons pas de voleurs à Léogâne », une manière claire de signifier leur refus de tout changement à la tête du commissariat.

La population souligne que depuis la prise de Gressier, l’objectif des gangs est clair : conquérir Léogâne. Pour les manifestants, si la commune tient encore, c’est grâce à l’action du commissaire Apollon et de son équipe. « On ne change pas une équipe qui gagne, on la renforce », scandaient-ils, accusant le haut commandement de la Police nationale d’Haïti (PNH) de vouloir fragiliser volontairement la sécurité locale.

La tension est montée d’un cran devant le commissariat principal, où les manifestants se sont rassemblés pour exprimer leur refus catégorique. Certains ont proféré des menaces, allant jusqu’à évoquer des représailles « mystiques » si Jean Garry Gilles prenait la tête du commissariat. Des propos injurieux et d’autres formes de menaces directes ont également été entendus.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par la PNH ou les autorités locales afin de confirmer ou d’infirmer ce transfert. Pourtant, la rumeur circule depuis plusieurs semaines, déjà en juin dernier, des bruits similaires avaient agité la ville. Ce silence nourrit l’incertitude et maintient une atmosphère de crispation au sein de la cité d’Anacaona.

En attendant, Léogâne reste sur le qui-vive. Entre solidarité affichée envers le commissaire Apollon et crainte d’une infiltration des gangs, la population semble déterminée à ne pas céder, même si cela implique de paralyser à nouveau la ville dans les jours à venir.

GPL Media Libre

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