Le corps sans vie d’une femme à Delmas 32, ignoré par tous, y compris la mairie

Le corps sans vie d’une femme à Delmas 32, ignoré par tous, y compris la mairie

Depuis hier mardi 3 juin 2025, le corps sans vie d’une femme gît à Delmas 32, à deux pas du complexe Delimart. Ce mercredi 4 juin, elle est toujours là, étendue sur le bitume, à la vue de tous. Aucun périmètre de sécurité. Aucun agent municipal. Aucun service d’urgence. Rien. Seulement les passants qui la contournent, les motards qui klaxonnent, les marchands qui poursuivent leurs activités. Une femme morte, abandonnée au milieu de la ville, ignorée comme si sa vie et sa mort ne comptaient pas.

Ce que racontent les témoins, notamment les chauffeurs de taxi-moto, glace le sang : le corps est là depuis plus de 24 heures, et personne, ni la police, ni la mairie de Delmas dirigée par Wilson Jeudi, n’a pris la peine d’intervenir. Le silence des autorités est assourdissant. Mais il ne surprend plus personne. Delmas est devenu un territoire où même la mort se banalise, au point de devenir invisible.

Cette scène est d’une violence crue, mais tristement représentative d’une société qui a cessé de prendre soin des vivants, et qui n’offre même plus un minimum de respect aux morts. Dans une commune aussi dense, aussi stratégique, la simple absence d’un geste officiel pour couvrir un cadavre, pour identifier une victime, pour empêcher les passants de marcher à côté de son corps, est une insulte à la dignité humaine. Et elle témoigne d’une faillite administrative totale.

Wilson Jeudi, maire de Delmas, ne peut ignorer qu’un drame public se déroule dans sa commune, au vu et au su de tous. Ce n’est pas un fait divers : c’est une illustration tragique du mépris des autorités envers les citoyens, surtout les plus vulnérables. Car cette femme, morte sur le pavé, n’est pas seulement une victime de la rue. Elle est victime d’un système qui ne garantit plus rien : ni la vie, ni la protection, ni même les derniers égards.

Plus grave encore est la réaction, ou plutôt l’absence de réaction, des passants. L’indifférence générale est peut-être la plus grande alarme. Car à force d’être confrontés au pire sans réponse de l’État ni de la mairie, les citoyens ont fini par désapprendre à s’indigner. Et cette résignation collective, elle aussi, est une forme de mort lente.

Jusqu’à quand allons-nous marcher autour de cadavres comme s’ils étaient des pierres ? Jusqu’à quand allons-nous laisser des élus, comme Wilson Jeudi, rester impassibles devant l’horreur quotidienne qui ronge nos villes ? Un corps abandonné dans la rue pendant deux jours n’est pas une anomalie. C’est un symbole brutal d’un pays qui se déshumanise à vue d’œil.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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