Kery James aux Flammes 2025 : « Qui prétend faire du rap sans déplorer la violence en Haïti ? »

Kery James aux Flammes 2025 : « Qui prétend faire du rap sans déplorer la violence en Haïti ? »

La troisième édition des Flammes, qui s’est tenue le 13 mai 2025 à la Seine Musicale à Paris, n’a pas seulement été un événement musical d’envergure : elle s’est transformée, par moments, en tribune d’expression engagée. L’un des temps forts de la soirée a été la prise de parole puissante de Kery James, figure emblématique du rap français, venu remettre la Flamme Éternelle.

Surnommé « le père du rap français », Kery James n’a pas manqué d’interpeller le public sur des sujets brûlants. « Qui prétend faire du rap sans déplorer la violence qu’Haïti, ma terre d’origine, est aujourd’hui plongée ? » a-t-il lancé, dans un silence chargé d’émotion. À travers ces mots, il a rappelé que le rap n’est pas qu’une musique, mais aussi un acte de parole, de dénonciation et de mémoire.

Visiblement ému, l’artiste a poursuivi en créole haïtien : « Mwen pap janm bliye ki kote mwen sòti, m ap toujou reprezante Haïti » — « Je n’oublierai jamais d’où je viens, je représenterai toujours Haïti ». Un message fort, applaudi par une salle debout, qui a résonné d’autant plus intensément dans une soirée où Haïti était déjà mise à l’honneur avec la victoire de Joé Dwèt Filé pour la Flamme des Musiques caribéennes ou d’inspiration caribéenne.

Mais Kery James ne s’est pas arrêté là. Il a également évoqué les violences qui frappent la République démocratique du Congo, dénonçant le silence international autour de cette tragédie. Son intervention, à la fois sobre et percutante, a rappelé que la musique peut être un vecteur de résistance et de conscience collective.

En choisissant de remettre la Flamme Éternelle à travers un discours aussi engagé, Kery James a donné une portée politique et humaine à cette distinction. Une manière de dire que les cultures populaires ne sont pas seulement à célébrer, mais aussi à mobiliser.

Cette édition des Flammes 2025 aura donc été marquée non seulement par les performances artistiques, mais aussi par une prise de parole forte pour Haïti, le Congo, et tous les peuples en souffrance.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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