Tragédie en mer : deux naufrages en 9 jours, la nouvelle route maritime devient un cauchemar

Tragédie en mer : deux naufrages en 9 jours, la nouvelle route maritime devient un cauchemar

Face à l’insécurité galopante qui paralyse les routes nationales, la voie maritime avait été adoptée comme une alternative. Cependant, en l’espace de 9 jours, deux naufrages ont endeuillé Haïti. Après le drame du bateau Cécilia, c’est au tour du MAELYS II de sombrer, causant de lourdes pertes humaines et matérielles.

Ce lundi 23 décembre 2024, un incident tragique s’est produit au Terminal de Varreux, marquant une nouvelle page sombre dans l’histoire des transports maritimes en Haïti. Alors que la journée avait commencé normalement, l’embarquement du bateau MAELYS II a viré au cauchemar. Selon des témoins, un camion en cours de chargement a perdu l’équilibre, entraînant le chavirement du navire. Ce drame a semé un vent de panique sur le quai, transformant ce lieu animé en scène de désolation.

Des passagers et des véhicules ont été projetés dans les flots. Malgré l’intervention rapide des secours, plusieurs personnes ont perdu la vie, et les dépouilles ont été transportées sous les yeux effarés des proches rassemblés. Cette tragédie, survenue seulement 9 jours après le naufrage du bateau Cécilia au large de Petit-Goâve, met en lumière les dangers croissants de cette nouvelle route maritime.

L’insécurité en Haïti est devenue un fléau quotidien, paralysant les déplacements et exacerbant les souffrances du peuple. Depuis l’envahissement de Gressier par des gangs armés, la route nationale est devenue impraticable dans cette zone stratégique. Les convois de marchandises et les voyageurs, autrefois dépendants de cette voie terrestre, sont désormais contraints de recourir à la voie maritime pour se déplacer.

Cependant, cette alternative, qui semblait au départ bénéfique, s’est vite révélée périlleuse. Les navires, comme le MAELYS II, transportent à la fois des camions de marchandises, moyennant de fortes sommes, et des passagers, généralement embarqués gratuitement. Cette surcharge, combinée à l’absence de contrôles stricts, augmente considérablement les risques d’accidents.

En parallèle, les Haïtiens continuent de souffrir des conséquences de cette insécurité généralisée. La montée en puissance des gangs armés, le contrôle des routes principales, et le climat de terreur qu’ils instaurent obligent les familles à fuir leurs maisons, abandonnant leurs biens pour trouver refuge dans des écoles, des places publiques, ou même des cimetières. Cette situation renforce la précarité et réduit l’accès aux besoins de base, tels que la nourriture, la santé, et l’éducation.

Le naufrage du Cécilia, survenu dans la nuit du 14 décembre 2024, avait déjà jeté une ombre sur cette route maritime. Parti de Port-au-Prince pour Miragoâne, le navire a sombré à proximité de Kokoye Beach, dans la commune de Petit-Goâve. Si une vingtaine de personnes ont survécu, plusieurs dizaines sont portées disparues, et une victime a été confirmée.

Aujourd’hui, avec le drame du MAELYS II, la sécurité maritime en Haïti est plus que jamais remise en question. Ces deux accidents, survenus en moins de deux semaines, témoignent de l’urgence d’instaurer des règles strictes et des mesures de contrôle pour éviter d’autres catastrophes.

Alors que les routes terrestres sont aux mains des gangs et que la mer semblait représenter un espoir, les Haïtiens se retrouvent une fois de plus face à l’incertitude et à la douleur. Ces naufrages successifs rappellent que l’insécurité, qu’elle soit terrestre ou maritime, plonge chaque jour un peu plus le pays dans le désespoir. Aujourd’hui, plus que jamais, une réponse rapide et efficace s’impose pour protéger les vies humaines et restaurer la dignité d’un peuple pris en otage.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *